Méli-mélo romantique

, par Gaëlle Chauvineau

Travail proposé par Véronique Breyer, Argenteuil

I. Les principes du travail :

Il s’agit, comme dans les séquences précédentes, de permettre des ponts. Mais surtout aussi ici d’envisager dans une approche active, en faisant jouer diverses interactions, les différents aspects qui constituent l’univers romantique.
L’objet du travail est l’étude de On ne badine pas avec l’amour. Une première écriture ouvre la séquence. Le parcours de lecture de la pièce est essentiellement tourné vers l’évolution des relations entre Perdican et Camille, avec pour points d’orgue la scène 5 de l’acte II, puis le drame final.
Les écritures d’invention qui reprennent les éléments de lecture analytique permettent de se rendre compte de ce qui est passé dans l’esprit des élèves et les entraîne à réutiliser des éléments d’écriture et à mieux s’approprier les figures de style nécessaires à l’expression/ à l’étude du lyrisme . Comme deux écritures sont prévues, qu’elles se font selon le même principe et sont annoncées comme telles, la seconde entraîne une plus grande attention à l’analyse du texte lorsqu’elle a lieu.
L’apport de la video est aussi non négligeable et des questions posées à la représentation du texte -avec en particulier la captation d’une partie d’une répétition- est lui aussi important.
En parallèle, durant les heures de module, une écriture d’invention se mène autour des tableaux de Caspar David Friedrich. Cette écriture est accompagnée par des lectures de poèmes romantiques, avec un choix qui privilégie ceux dans lesquels l’accord du paysage et des sentiments/ des événements joue une part importante.
Pour débuter tout cela, l’écriture d’un texte au départ, outre qu’il lance la séquence, permettra aux élèves, au fil des textes rédigés, de mesurer l’écart entre leur première écriture et des textes désormais nourris de littérature, de représentation théâtrale et de l’imaginaire des tableaux de C.D. Friedriech, allié aux poèmes lus.

II. Le déroulement de la séquence :

A. Etude de la pièce (début) :

1. Lancement de la séquence :

Ecriture d’invention en une heure, sans aucun commentaire sur le pourquoi : Faites l’éloge de la fidélité/de l’infidélité.

2. Visionnage de la pièce dans son intégralité (mise en scène de R.Gelas).
3. Discussion autour de la pièce/de sa mise en scène.

Pourquoi ai-je fait écrire sur le thème de la fidélité/ l’infidélité pour démarrer la séquence ?

4. Etude de la scène d’exposition

avec jeux de découpage du texte pour mieux mettre au jour les jeux de parallélismes et d’oppositions. Je souligne très fortement les oppositions entre Camille et Perdican.

5. Etude des relations entre Camille et Perdican

jusqu’à la scène 5, Acte II. Jeu de questions-réponses au fur et à mesure de la lecture d’extraits sélectionnés.

B. Travail en module :

1. Caspar David Friedrich :

Je présente un grand nombre de tableaux de Caspar David Friedrich (12 !) et les commente avec eux. Je ne fais pas ce que l’on appelle de l’analyse de l’image très précise, me contentant de repérer avec eux ce qui fait l’unité de ces tableaux, tant thématiquement que picturalement.
Je lis un certain nombre de poèmes (pas trop, c’est inutile) : "L’isolement", Lamartine, Méditations poétiques ; "La mort du loup", A.de Vigny, Les Destinées ; "Demain dès l’aube", V.Hugo, Les Contemplations.

2. Ecriture :

Proposition d’écriture : Ecrire un texte à caractère poétique à partir d’un des tableaux de Gaspar David Friedrich. Dans ce texte se retrouveront un grand nombre d’éléments du tableau. Ce texte sera écrit à la première personne et fera part au lecteur des pensées et sentiments de celui qui écrit.

Bien sûr, une telle proposition provoque des questions. Bien sûr, c’est le mot « poétique » qui en suscite le plus. Mais si je leur dis qu’il ne s’agit pas d’écrire un poème rimé, je ne cherche pas à donner de définition de l’adjectif « poétique ». C’est avec l’implicite du mot pour eux que je joue. Et cela fonctionne parce que chacun a en soi une image du « poétique », que les tableaux de Friedrich cadrent (!) le travail, et que celui-ci est largement cadré aussi par les autres contraintes. Du coup, certains écrivent des poèmes et d’autres de la prose poétique. C’est selon les désirs et les capacités de chacun.

L’ obligation d’« utiliser » le paysage ainsi que la nécessité d’exprimer des sentiments et des pensées servent aussi d’ ouverture à la lecture et à l’écriture qui suivent.

C. Etude de la pièce (suite) :

1. Lecture analytique de la fin de l’acte II, scène 5.
2. Ecriture d’invention :

A l’issue de la scène 5 de l’acte II, Camille ou Perdican se retrouve seul(e) face au public. Vous écrirez un monologue organisé dans lequel il/elle pourra retracer les non-dits de sa relation à l’autre (histoire même de la relation, sentiments, amour, mariage, fidélité...). Vous essaierez de donner à ce monologue un tour très personnel dans lequel le spectateur sera à même de ressentir l’engagement du personnage. Vous pourrez user en particulier pour cela de certains des procédés rhétoriques que nous avons analysés.

3. Commentaire :

Vous analyserez la fin de la scène 2 de l’acte II, en utilisant le parcours de lecture suivant :
- en quoi Camille et Perdican développent-t-ils des conceptions opposées de l’amour ;
- comment chacun s’y prend-il pour combattre l’autre ou le convaincre du bien fondé de sa vision.

D. Etude de la pièce (fin) :

1. Lecture analytique de l’acte III, scène 8.
2. Ecriture d’invention : Un peu avant sa mort, Rosette parle et ce qu’elle dit explique et donne un sens à sa fin tragique.
3. Facultatif : Jouer le monologue écrit.
4. Travail d’écriture argumenté : Comment interpréter la mort de Rosette ? Vous vous appuierez pour répondre à cette question sur tous les éléments du texte que vous jugerez opportuns d’analyser.

Dernier survivant d’un naufrage parmi les glaces
Le corps gelé j’observe le temps qui passe
Capitaine déchu d’un navire à présent échoué
L’esprit engourdi, les membres immobilisés
Je repense aux êtres chers
Allongé entre la vie et la mort, je tourne la tête vers la mer
Qui prolonge l’horizon embrumé et se confond
Avec le ciel, troublant mon esprit en une parfaite illusion

Puis la chaleur de mon être s’échappe et se répand
Sur la glace qui l’absorbe à mes dépends
Entraînant notre perte : moi qui gèle, elle qui fond
Je sens l’eau monter et ne parviens plus à emplir mes poumons
Une larme de glace coule, solitaire, sur ma joue
Le rêve finit là où le réel commence
Et tandis que je m’enfonce dans les eaux floues
J’émerge d’un songe qui me rappelle des images d’enfance

Alexandre B. 2de 3

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