Humanités, Littérature et Philosophie

, par BERNOLLE Marie-Anne, Rattachée à la DAFOR , Chargée de mission pour l’Inspection de Lettres

Comment aborder le nouvel enseignement de spécialité en 1ère « Humanités, Littérature et Philosophie » ?

Présentation de l’enseignement par l’Inspection académique de Lettres

L’enseignement de spécialité « Humanités, littérature, philosophie

L’enseignement de spécialité « Humanités, littérature et philosophie » est dispensé par un binôme de professeurs de lettres et de philosophie à parité horaire, 2 heures hebdomadaires pour chaque discipline en Première, 3 heures pour chaque discipline en Terminale.

Cet enseignement de spécialité vise un double objectif :

  • contribuer à l’intelligence du monde contemporain en faisant émerger les interrogations qui le traversent, mais aussi d’éclairantes filiations, des mises en perspective entre hier et aujourd’hui ;
  • développer les compétences d’analyse et d’expression exigées par la poursuite d’études et qui figurent explicitement dans les attendus du supérieur pour des cursus très divers.

Le programme pour la classe de Première générale est défini par le B.O. spécial du 22 janvier 2019.

Le diaporama ci-joint diffusé lors des animations départementales des 27 et 28 mai 2019 propose une présentation synthétique de cet enseignement de spécialité.

Diaporama - Présentation de l’enseignement

Humanités, Littérature, Philosophie : un enseignement bi-disciplinaire

L’enseignement de spécialité repose sur une fréquentation régulière des textes littéraires et philosophiques et nourrit une culture humaniste en permettant de découvrir et de travailler des textes patrimoniaux, des moments constitutifs de l’histoire de la pensée. Ce travail de réflexion, d’élaboration, de problématisation mené à l’oral comme à l’écrit, et dans les deux disciplines, donne aux élèves des références, des repères ; il éclaire également par écart, écho ou confrontation le contemporain.
Chacune des thématiques permet de proposer aux élèves un ou plusieurs parcours définis en commun par le professeur de lettres et le professeur de philosophie. Cette bi-disciplinarité offre une occasion précieuse de croiser les regards, d’enrichir les approches, d’appréhender la spécificité des deux disciplines que les élèves cerneront mieux en les pratiquant dans le cadre de projets pédagogiques communs. C’est aussi une expérience fructueuse pour les enseignants.

Le groupe académique de formateurs Humanités, Littérature, Philosophie, constitué de binômes de professeurs des deux disciplines a élaboré au cours de l’année 2018-2019 quelques projets pédagogiques conjoints pour « Les pouvoirs de la parole ». Ces projets, qui n’ont aucun caractère modélisant, permettent de mesurer la variété des possibles dans le cadre du programme. C’est au fil de ce travail conjoint d’élaboration que se construit le dialogue entre les disciplines.

Documents officiels de références

La bibliographie indicative interactive

En profitant des possibilités que donne le numérique aujourd’hui, nous avons souhaité transformer les listes proposées par les programmes en un vaste document exploratoire. Pour la grande majorité des références citées dans la « bibliographie indicative », il a été possible de proposer une édition en ligne.

Nous attirons l’attention sur le fait que nous sommes tributaires de l’offre numérique. D’un texte à l’autre et d’un auteur à l’autre, les éditions et les traductions (pour les textes antiques et les quelques références de littérature étrangère) peuvent être anciennes, obsolètes quant à la démarche et aux exigences scientifiques qui sont les nôtres aujourd’hui. Nous avons privilégié, dans la mesure du possible et dans cet ordre, les éditions numériques ou numérisées sur le site Gallica de la Bibliothèque Nationale, sur les Bibliothèques numériques universitaires canadiennes ou américaines, des institutions d’édition en ligne, souvent d’initiative privée ou associative à l’origine, telles la Bibliothèque électronique de Québec ou la Bibliothèque numérique romande. Pour les textes de l’antiquité grecque et latine, les liens renvoient soit aux sites de textes en ligne Itinera Electronica et Hodoi elektronikai de l’Université de Louvain soit au site de Remacle, certes site personnnel, mais d’un auteur qui a fait un gros travail de recensement et de numérisation des textes anciens, site bien connu des professeurs de lettres classiques auquel réfère l’Université de Louvain elle-même.
L’ensemble obtenu est de ce point de vue un peu disparate. Mais c’est une chose de pouvoir accéder à un texte en son entier, « dans son jus », pour découvrir ce qu’il est et le contenu qu’il propose, une autre de proposer un texte précis pour une étude minutieuse du texte.
Nous laissons à l’initiative des professeurs le nécessaire travail de vérification et de contrôle de l’édition pour les extraits spécifiques qui seront retenus pour l’étude littéraire.
Notons que dans le cadre d’un enseignement de spécialités, « Humanités, Littérature et Philosophie », la réflexion sur ce qu’est l’édition d’un texte, une approche de l’histoire d’un texte, l’accès à des éditions anciennes restent une expérience formatrice.
Ces précautions prises, une telle anthologie interactive garde tout son intérêt.
Les professeurs ont ainsi à leur disposition une large anthologie thématique qu’ils peuvent parcourir à loisir depuis leur bureau.
L’édition numérique de tous ces textes autorise une recherche thématique transversale. En utilisant la fonction ctrl F vous pouvez opérer une recherche plein texte autour d’un personnage, d’un lieu, d’une notion. Une méthode efficace pour constituer un vaste groupement de textes thématique et pour découvrir des textes auxquels on n’aurait pas pensé d’entrée.
On peut imaginer, peut-être sur des œuvres précises ou dans des extraits présélectionnés, faire faire, en salle informatique, un travail équivalent aux élèves de façon à ce qu’ils élaborent, individuellement ou collaborativement, leur propre groupement de textes.

Consultez la bibliographie interactive en ligne sur ce site.

Vous pouvez aussi consulter le document au format Word.

Ressources pédagogiques

Pour le nouvel enseignement de spécialité de 1ère, sur demande de l’Inspection académique de Lettres, ont été élaborées des propositions de mise en œuvre autour du premier questionnement du programme : "Les pouvoirs de la parole" qui ont été présentées à l’occasion des animations d’information organisées durant le moi de mai.

Projet 1 - Philosophie et poésie d’hier à aujourd’hui

Proposition de Laure Dardonville et Clément Layet
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Pour étudier les trois aspects sous lesquels le programme nous propose d’envisager la parole – l’autorité qu’elle donne, l’art qu’elle exige et la séduction qu’elle exerce – il a été choisi de se concentrer sur les relations ambivalentes entre philosophie et poésie.
Pour façonner la séquence autour des « pouvoirs de la parole poétique » est proposé un corpus constitué d’extraits des œuvres d’Homère L’Iliade/L’Odyssée, Platon La République et Aristote Poétique. L’idée est de susciter, pour démarrer, un réel plaisir à la lecture d’Homère de façon à mettre en question ensuite la nature de ce plaisir...

Projet 2 - Entre Ulysse et Shéhérazade : la parole et le pouvoir

Proposition de Maud Carlier-Sirat & Cécile Victorri
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Deux séquences complémentaires pour faire réfléchir les élèves sur le lien entre parole et pouvoir.
La première séquence s’intéresse à une figure masculine ; et si l’on faisait le procès d’Ulysse ... Peut-on accuser Ulysse de faire un usage dangereux et malhonnête de la parole ?
Comme pour constituer un diptyque signifiant, la deuxième séquence se concentre elle sur l’usage de la parole d’une figure féminine. Shéhérazade parle pour résister à la violence du sultan, pour assumer un pouvoir sur les hommes.
Alors que les femmes étaient plutôt silencieuses dans la première séquence, elles déploient une parole dans la deuxième séquence et inversent le rapport de force.

Projet 3 - Accords et désaccords : à quelle condition la parole peut-elle créer du lien ?

Ressource à venir

L’optique retenue pour commencer cet enseignement est une approche transversale des trois chapitres contenus dans la première partie sur les pouvoirs de la parole : art de la parole / autorité de la parole / séductions de la parole.
Il a paru important d’enraciner l’enseignement dans une actualité, afin de tenir l’une des promesses de cet enseignement de spécialité, qui est d’offrir la possibilité aux élèves de questionner le monde dans lequel ils vivent en s’appuyant sur des connaissances et des compétences philosophiques et littéraires précises. Dans cette perspective, la figure du « clash », sous ses différentes figures, a semblé un bon point de départ.

Projet 4 - Quelle valeur accorder à la parole qui séduit ?

Proposition d’Isabelle Moreau & Fanny Bérat-Esquier, professeurs de philosophie et de lettres au lycée des Pierres Vives à Carrière-sur-seine
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Quelle valeur accorder à la parole qui séduit ? On peut interroger ici la finalité de cette parole : veut-elle seulement séduire, émouvoir pour amener le public aux vues de l’orateur, ou doit-elle servir la vérité ?
Il s’agit de montrer que si la parole, notamment quand elle est poétique, peut se contenter d’émouvoir et de séduire, elle peut aussi avoir une fonction psychagogique et conduire la pensée vers la connaissance de la vérité ou d’une vérité commune. Cela conduira à s’interroger sur le statut de la vérité et sur notre rapport à la vérité, en particulier à l’ère du numérique.
Or, « il est difficile de dire la vérité, car il n’y en a qu’une, mais elle est vivante et a par conséquent un visage changeant. » Lettre à Miléna, Kafka...

Projet 5 - L’exercice de la parole en démocratie

Proposition de Florence Ben Amou & Olivier Al Saleh
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Quels rôles joue la parole en démocratie ? Peut-on dire que la démocratie existe et perdure grâce au pouvoir de la parole ?

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