Dissertation sur les Châtiments de Victor Hugo

, par GUILLOU Christine, Lycée de l’Hautil, Jouy-Le-Moutier

Sujet

Selon Rémy de Gourmont, écrivain de la fin du XIXe siècle, « Victor Hugo n’a pas été un poète mais un orateur. » La lecture des Châtiments vous fait-elle partager cet avis ?

Remarque préalable

Ceci n’est pas un modèle ou un corrigé-type, mais un exemple de ce à quoi on peut aboutir à partir des idées trouvées par les élèves.

Elaboration commune

Introduction

Poésie (l’art pour l’art) = harmonie, émotion, évocation intime... ;

Orateur = discours pour convaincre, utilité et pragmatisme, politique.

Opposition poète/ orateur ?

I. Une exhortation au combat

- A - Dimension politique des Châtiments  : circonstances historiques précises, dates, noms propres

- B - La voix du poète,

  • Celui qui parle (de I,1, v.3 la voix, v.5 le banni ... v.8 Parlera dans l’ombre tout haut à Ultima verba : « Et s’il n’en reste qu’un, je serai celui-là. »
  • Appels du prophète à la fin de Lux
  • Apostrophes cf titres Au peuple..
  • Et posture de celui qui parle : date et lieu pour chaque poème = une tribune

- C - Le plus souvent, voix anonyme (début Nox), ou parole donnée aux proscrits V,9, aux bourgeois hésitants V,10, aux conservateurs VII,12.
Polyphonie, Stella (éléments inanimés)

II. Un texte qui s’entend

- A - Chants : cf. nombreuses « chansons » et poèmes avec refrains

- B - Effets sonores dans les poèmes : c.f textes expliqués : « cracher sur l’arche », assonances -ui de Stella... Vers très célèbres / sonorités qui en font presque des slogans

- C - Jeux sur les noms propres : périphrases pour Napoléon III : « cet histrion », bestiaire cf. fables, ex Napoléon III = loup, chacal, scolopendre (VI,8), singe, hibou déplumé ou même double métaphore « César chauve-souris » VI,8, « Tom Pouce Attila »

Travail sur le langage = travail poétique

III. Un poète

- A - Tous les registres poétiques : satirique, épique, mais aussi passages lyriques

- B - Image du poète en rêveur solitaire,

  • pensif : « Oh ! laissez ! Laissez-moi m’enfuir sur le rivage ! / Laissez-moi respirer l’odeur du flot sauvage ! » (VI,5 Éblouissements),
  • solitaire : « le penseur douloureux fuit dans les solitudes » (VII,13)

- C - Création d’un univers : du peuple français à tous les peuples, fresques évoquant passé, présent et avenir : VII, 8, est hymne à la nature toute entière, adj « hugolien »

Jugement exclusif // définition étroite de « poésie »

Conclusion générale

Un cri de colère de plus de 6000 vers, écrits en une année où l’épopée côtoie l’insulte, où la chanson populaire succède à la plainte élégiaque, où le réquisitoire précède la vision prophétique.

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