Malherbe. Aux ombres de Damon

, par PLAISANT-SOLER Estelle, Lycée Saint-Exupéry, Mantes-la-Jolie

L’Orne comme autrefois nous reverrait encore,
Ravis de ces pensers que le vulgaire ignore,
Egarer à l’écart nos pas et nos discours,
Et couchés sur les fleurs comme étoiles semées,
Rendre en si doux ébat les heures consumées,
Que les soleils nous seraient courts.

Mais, ô loi rigoureuse à la race des hommes !
C’est un point arrêté, que tout ce que nous sommes,
Issus de pères Rois et de pères bergers,
La Parque également sous la tombe nous serre,
Et les mieux établis au repos de la terre
N’y sont qu’hôtes et passagers.

Tout ce que la grandeur a de vains équipages,
D’habillements de pourpre, de suite de pages,
Quand le terme est échu n’allonge point nos jours ;
Il faut aller tous nus où le destin commande,
Et de toutes douleurs, la douleur la plus grande
C’est qu’il faut laisser nos amours.
[...]

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