Scudéry. Alaric ou la Rome vaincue

, par PLAISANT-SOLER Estelle, Lycée Saint-Exupéry, Mantes-la-Jolie

LA GROTTE

Il y trouve une grotte admirable en beauté,
Où l’on voit un mélange, et d’ombre et de clarté.
Cent rochers de cristal à pointes inégales,
Sont parmi des rochers de rubis et d’opales ;
Cent branches de corail de plus d’une couleur,
De la superbe grotte augmentent la valeur ;
Et l’argent lumineux de la nacre changeante,
Imite de l’Iris la splendeur inconstante.
Là brille l’émeraude, et la pierre d’azur ;
Là brillent les saphirs d’un éclat vif et pur ;
Là se voit la turquoise ainsi que l’améthyste,
Et le jaspe incarnat, et celui d’un vert triste,
Et la perle baroque, et la topaze encor,
Qui parmi son cristal fait voir un lustre d’or.
Là d’un sable doré brille l’aventurine ;
Rien d’éclatant n’y manque, et l’œil n’y cherche pas
Ni l’eau des diamants, ni le feu des grenats,
Des bords de l’Orient, et des climats barbares,
On voit le bel émail en des coquilles rares,
Dont les diversités, et les vives couleurs
Parmi ce riche amas semblent jeter des fleurs.
Mille et mille jets d’eau font ces roches humides,
D’un cristal bondissant, et de perles liquides.

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