Comment rendre les élèves acteurs de la remédiation ?

, par Aurélie GOUNEAU


1/ De l’utilité de la remédiation...

La remédiation est une étape essentielle à la bonne compréhension et à l’évolution des élèves. Mais comment faire pour qu’elle soit réellement efficace ? Comment faire passer une notion à un élève de manière différente et surtout plus intelligible qu’elle ne l’a été en classe entière ? Comment faire pour que la remédiation ne soit pas seulement une répétition du cours ? Autant de questions que l’enseignant est amené à se poser. En effet, ces heures d’AP, présentes dans l’emploi du temps de tous les élèves de 6ème à raison d’une heure en français et d’une heure en mathématiques par semaine, ne concernent que quelques uns d’entre eux. Très rapidement, ils les perçoivent non pas comme une aide, un tremplin à la réussite mais comme une punition. Ils se sentent dans la peau d’un mauvais élève quand c’est l’exact contraire qui est visé.
Afin de « redorer » le blason de la remédiation, une réflexion a donc été entamée.

2 / ...à la nécessité de l’action

Il paraissait évident que l’élève devait avoir envie de venir en A.P. Cette heure-là ne devait plus s’envisager comme un cours traditionnel : le dispositif se devait d’être différent.
Très rapidement, une idée a émergé : ce qui serait fait en remédiation ne resterait pas en remédiation : le travail engendré profiterait à tous les élèves et ceux d’A.P, catalogués par les autres comme étant en difficultés, deviendraient « enseignants » puisque leur tâche consisterait en la création de vidéos expliquant les notions de base en français et en mathématiques.
Le projet a immédiatement enthousiasmé les élèves et un travail a été mené sur l’acronyme A.P afin de proposer un titre accrocheur pour les vidéos. De là est né « Alors t’as pigé ? ».

3/ La phase de création

L’objectif principal était de faire passer une notion de mathématiques ou de français d’ « ennuyante à amusante » .Pour cela, les élèves devaient revoir la notion en question, la maîtriser et imaginer une façon différente de la transmettre aux autres.
Ce projet a débuté à la fin du 1er trimestre et a été mené sur toute l’année scolaire. Les élèves travaillent par groupe durant quelques séances : ils s’expliquent entre eux la notion choisie et imaginent la façon dont ils pourraient la mettre en scène . La phase de conceptualisation laisse place à la phase de création : les élèves écrivent un scénario qui sera validé par l’enseignant. Après la création des accessoires et décors, quelques séances de répétition sont nécessaires afin de procéder aux derniers ajustements. Chaque élève a un rôle à tenir : que ce soit celui du caméraman, de l’acteur ou du figurant . Lors de ces séances, chacun a pu laisser exprimer sa créativité.
Les vidéos ont ensuite été diffusées à tous les élèves de 6ème.

partager

title print