Comment apprendre à lire et à dire en produisant des nouvelles à chute en classe de 3ème grâce aux TIC.

, par MOURGUE Anne-Catherine

Cette séquence a été construite dans le cadre des TraAM Lettres 2011-2012 dont le cahier des charges se trouve sur le site Eduscol.

Constats

Les élèves ont souvent du mal à entrer en écriture, ne souhaitent pas ou ne savent pas améliorer leurs écrits et ont « peur » de partager leurs productions avec les autres élèves.

Organisation

Ce travail est réalisé en classe de 3ème et prend une dizaine d’heures.
Matériel nécessaire : un TNI, des ordinateurs ou des tablettes, un micro et un logiciel de type Audacity.

Objectifs

Ecrire et dire une nouvelle à chute avec l’aide des TIC.

Compétences visées

Compétence 1 :

Rédiger un texte bref, cohérent et ponctué à partir de consignes données.
Participer à un échange verbal.

Compétence 3 :

Présenter la démarche suivie, les résultats obtenus, communiquer à l’aide d’un langage adapté.

Compétence 4 :

Participer à des travaux collaboratifs en connaissant les enjeux et en respectant les règles.

Compétence 5 :

Connaître et pratiquer différentes formes d’expression à visée littéraire

Compétence 7 :

S’intégrer et coopérer dans un projet collectif.

Descriptif rapide de la séquence

Les élèves forment des groupes de 4. Ils rédigent une nouvelle à chute en se servant de nouvelles lues ou étudiées : Iceberg de F. Kassak, Mauvais Plan de S. Cohen-Scali, Cauchemar en jaune de F. Brown, Le Reflet de D. Daeninckx, Happy Meal de A. Gavalda et Pauvre petit garçon de D. Buzzati.

Une fois l’intrigue choisie, chaque groupe rédige sa nouvelle sur un ordinateur portable. Lorsque le groupe estime que sa nouvelle est aboutie, il l’envoie par mail et affiche les travaux au TNI.

La nouvelle sans la chute est alors présentée. Toute la classe aide à corriger les fautes d’orthographe et la syntaxe directement au TNI ; chacun tente d’en inférer la chute.
Une fois la chute révélée, les élèves retrouvent dans le texte - en les entourant au TNI- les indices qui auraient pu ou qui les ont amenés à trouver la chute.

Si les indices ne sont pas suffisamment pertinents, trop cachés ou trop clairs, le groupe retourne à sa table et améliore son texte sur l’ordinateur.

Le texte une fois achevé, les élèves du groupe le « disent » devant leurs camarades.
Pour finir, chaque texte est enregistré et mis en musique si les élèves le souhaitent (extrait libre et gratuit de droit), en cours de technologie ou seuls grâce au logiciel Audacity.

Ces enregistrements sont diffusés aux autres élèves de 3èmes du collège.

Descriptif détaillé de la séquence

Séance 1 :

Recherches sur la nouvelle. Création d’une définition commune à partir d’exemples de nouvelles à chute lues auparavant. (Iceberg de F. Kassak, Pauvre petit garçon de D. Buzzati, Cauchemar en jaune de F. Brown , Happy Meal de A. Gavalda, Quand Angèle fut seule de P. Mérigeau, Mauvais Plan de S. Cohen-Scali).
Présentation orale de chaque proposition puis choix commun après débat.

Séance 2 :

Les élèves forment des ateliers d’écriture de 4. Chaque groupe dispose d’un ordinateur portable, d’un dictionnaire et des classeurs contenant les textes et les caractéristiques d’une nouvelle à chute.

Séance 3 :

Les première versions des textes ont été envoyées par mail au professeur et sont affichées au TNI. Chaque groupe vient lire aux autres sa nouvelle puis la classe commente, donne son avis, critique de façon positive et négative (« la chute est trop prévisible », « le titre guide trop la lecture », « l’animal est trop décrit », « le vocabulaire n’est pas assez ambivalent pour créer une fausse piste »… Un des élèves du groupe prend des notes afin de retravailler le texte ensuite à la lumière de ces remarques.

Séance 4 :

Les élèves retournent à leur texte et le réécrivent en tenant compte de toutes les remarques. Le professeur les accompagne en circulant dans la classe et en aidant les groupes qui demandent des conseils.

Séance 5 :

Les élèves présentent à la classe le texte final ainsi que la couverture de la nouvelle.

Séance 6 :

Le professeur demande aux élèves d’enregistrer leur nouvelle avec le logiciel Audacity. Les élèves peuvent l’enregistrer chez eux ou demander de l’aide au professeur de technologie de la classe.

Séance 7 :

Les élèves et le professeur écoutent les différentes productions des élèves (celles de sa classe et celles des autres classes de 3ème.) puis valident la compétence « S’intégrer et collaborer dans un travail collectif. »

Exemples de productions d’élèves

L’exemple d’un groupe

Premier jet de la chute de la nouvelle :

« Je cour, et ne le voie encore, je regarde, derrière les buisson, derrière les arbres, derrière les rochers. Je demandes même au gens si il ne l’on pas vue. Je n’arrive pas à le retrouver, mais je n’abandonnerai pas.
Une dame me fais signe je m’avances ver elle. Elle me dit qu’elle me voyait souvent avec Simon et qu’elle dit que c’est très rare quelle me voie pas avec. Elle me dit qu’elle a vue et qu’il est parti au terrain de foot. Je l’a remercie et par vite a le recherche de Simon.
Je cour très vite car je n’est pas envie qu’il soit blessé. Je commence a voir sa silhouette et je crie Simon de toute mes forces pour qu’il m’entende.
Il m’a entendu et cour ver moi a toute vitesse, je le sers dans mes bras très fort en lui promettant que la prochaine je le tiendrai en laisse. »

Présentation de la chute au TNI et notation des remarques des autres élèves :

Chute de la nouvelle finalisée :

« Je cours, et ne le vois toujours pas ! Je regarde derrière les buissons, derrière les arbres, derrière les rochers. RIEN ! Je demande même aux gens s’ils ne l’ont pas croisé . Je n’arrive pas à le retrouver, mais je n’abandonnerai pas.
Tout à coup j’aperçois une dame qui me fait signe ; je m’avance vers elle. Elle me dit qu’elle avait l’habitude de nous rencontrer tous les deux- Simon et moi- et est étonnée de nous voir séparés. E effet, peu de temps auparavant, elle a croisé le chemin de Simon qui partait vers le terrain de football. Je la remercie et part vite à sa recherche.
Je cours très vite car je n’ai pas envie qu’il soit blessé lors d’un match. Je commence à voir sa silhouette et je crie « Simon » de toutes mes forces pour qu’il m’entende.
Il m’a entendu !! Le voilà qui court vers moi à toute vitesse ! Je le serre dans mes bras très fort en lui promettant que la prochaine fois je le tiendrai en laisse. »
Autre production finale :
La solitude d’une femme
Sylvie, 39 ans vit seul à Paris dans un quartier réputé pour ses mauvaises fréquentations. Elle occupe un studio de 10m² qu’elle partage avec ses deux chats Chablis et Muscat. Elle est femme de ménage dans un hôtel miteux, où seuls les rats sont pensionnaires.
La jeune femme n’a pas eu une enfance heureuse. Elle n’était pas désirée pas ses parents.
Son père, quitta le domicile conjugal alors que Sylvie n’avait que trois mois. Il ne voulait pas assumer la responsabilité d’un enfant, se trouvant trop jeune pour être père.
Sa mère, très malheureuse s’enfonça dans une dépression, se retrouvant sans argent pour élever correctement sa fille
Aux deux ans de Sylvie, sa mère très malade décéda dans son sommeil.
Sylvie fut placée dans un foyer d’accueil où elle passât toute son enfance. Elle n’était pas douée pour l’école qu’elle quittât dès l’âge de seize ans pour suivre une formation dans l’hôtellerie, secteur où elle ne trouvera pas d’emploi.
Elle effectua plusieurs petits boulots sans pouvoir envisager un avenir heureux. Ses employeurs l’exploitaient pour un salaire médiocre et les journées lui paraissaient interminables. Quand elle rentrait chez elle, le soir, personne ne l’attendait.
La vie de Sylvie n’était pas très joyeuse, sans loisirs, sans amis, sans amour et sans famille ! La jeune femme en avait assez de la solitude qui l’envahissait petit à petit.
Elle décida alors de prendre sa vie en main et de trouver le bonheur. Sylvie se rend dans le Cybercafé de son quartier pour s’inscrire sur des sites de rencontres, espérant trouver des amis et pourquoi pas l’amour.
Chaque semaine, elle consulte sa boîte de messages.
Un jour, elle reçoit un gentil message d’un homme. Son pseudonyme était « micheldu75 ». Michel, comme le nom de son père. Sur la photo de profil, c’était un bel homme, brun, les yeux bleus derrière ses lunettes dont les montures étaient noires. Il était de grande taille, et d’une élégance sobre.
Après plusieurs messages, Sylvie accepte un rendez–vous « Place de La Bastille » pour prendre un café.
Le jour du rendez-vous, Michel était déjà installé à la terrasse du café avec un journal dans la main droite comme il le lui avait indiqué. Sylvie arrive vêtue d’une robe noire et les cheveux détachés.
En voyant Michel, Sylvie eut un choc. Il ne ressemblait pas du tout à la photo de l’annonce. L’homme était plus âgé, les yeux marron et ses cheveux étaient gris.
Michel ressemble étrangement à la seule photo que Sylvie possède de son père.

Bilan, limites et perspectives

Intérêts pédagogiques constatés

Les élèves ont réussi à se mettre à écrire plus facilement, ont compris l’intérêt d’une réécriture et ont pris du plaisir à partager leurs écrits avec les autres.
Ce travail a favorisé l’autonomie des élèves mais a également permis de les remotiver et de créer une cohésion de groupe, uns cohésion de classe, parfois même une cohésion entre différentes classes.

Limites

La salle de classe doit être équipée d’un TNI et il faut pouvoir accéder à une salle informatique ou à une classe nomade.

Perspectives

Il est envisagé de développer ce travail en créant un échange entre plusieurs établissements du secteur.

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