Séance 1. Le Conte du Graal, un texte médiéval

, par PLAISANT-SOLER Estelle, Lycée Saint-Exupéry, Mantes-la-Jolie

Objectifs

- Mettre en place chez les élèves la conscience de l’historicité culturelle : histoire de la langue.

- Travailler d’emblée sur un extrait du texte original pour permettre aux élèves d’entendre la langue médiévale, et d’être ensuite plus sensible aux différences de culture. La question de la traduction

- Introduire également un travail en relation avec l’étude des langues anciennes pour les élèves latinistes : l’histoire des langues anciennes, leur devenir et la question de l’étymologie.

- Aborder également la question de la traduction

- A travers la comparaison entre le texte et un fac-simile d’un des manuscrits, découvrir certaines spécificités de la littérature du Moyen-Age :

  • Travail des copistes
  • Un manuscrit est un objet de luxe : les enluminures
  • Premier regard sur l’état de langue d’origine : le roman

Supports

- Première de couverture de l’édition du Livre de Poche du Conte du Graal

- Version en Ancien Français du début de l’histoire, comparée avec la version traduite (de la page 34 de « Ce fut au temps qu’arbres fleurissent » à la page 35 « à droite, à gauche, en haut, en bas. »)

Version du texte en Ancien Français

Ce fu au tans qu’arbre florissent,
fueillent boschaige, pré verdissent,
et cil oisel an lor latin
dolcement chantent au matin
et tote riens riens de oie anflame
que li filz a la veve dame
de la Gaste Forest soutainne
se leva, et ne li fu painne
que il sa sele ne meïst
sor son chaceor et preïst
.III. javeloz, et tot ensi
fors del manoir sa mere issi,
et pansa que veoir iroit
hercheors que sa mere avoit,
qui ses aveinnes li herchoient ;
bués .XII. et sis hierches avoient.
Ensi an la forest s’an antre,
et maintenant li cuers del vantre
por le dolz tans li resjoï
et por le chant que il oï
des oisiax qui joie feisoient :
totes ces choses li pleisoient.
Por la dolçor del tans serain
osta au chaceor son frain,
si le leissa aller peissant
par l’erbe fresche verdeant ;
et cil qui bien lancier savoit
des javeloz que il avoit
aloit anviron lui lançant,
une ore arriere et altre avant,
une ore an bas et altre en haut, [...].

Questions portant sur le texte original et sa traduction

1) Retrouvez dans le texte en ancien français des mots qui n’ont pas changé. Précisez si leur sens est resté le même.

2) Relevez des mots que vos reconnaissez mais dont l’orthographe est différente.

3) Comparez la disposition du texte en ancien français et de sa traduction. Qu’en déduisez-vous sur le sens du mot « roman » ou « conte » au Moyen-Age ?

Suggestion d’analyse

Réponses aux questions puis observation de la page de couverture de l’édition Folio :

I. DECOUVERTE D’UN MANUSCRIT ANCIEN

On appelle manuscrit un texte écrit ou copié à la main et souvent enluminé, c’est-à-dire illustré et orné de lettrines (initiales décorées) ou de miniatures. Celles-ci sont des lettres ornementales (d’abord rouge, et tracée au minium) qui ornaient le commencement des chapitres des manuscrits médiévaux, ou des peintures fines de petits sujets servant d’illustrations aux manuscrits.
Les copistes étaient la plupart du temps des moines et travaillaient sur du parchemin. Le parchemin est une peau de mouton ou de chèvre traitée spécialement pour l’écriture.

II. LA LANGUE DE CHRETIEN DE TROYES

L’ancien français étant une langue intermédiaire, entre le latin et le français, il a des traits communs aux deux langues.
L’orthographe n’est pas encore fixée à cette époque et varie selon les dialectes et les copistes. On peut trouver, dans un même manuscrit, un mot orthographié de deux façons différentes.

III. UN GENRE NOUVEAU : LE ROMAN

Au 12 et 13ème siècle apparaît un genre littéraire nouveau : le roman, ainsi appelé parce qu’il est rédigé en langue romane (le roman). Les romans de chevalerie sont écrits en roman, c’est-à-dire en ancien français, alors que la langue des gens cultivés de l’époque est le latin.
Pourtant ces romans ne sont pas écrits en prose : ils sont en vers de huit syllabes (octosyllabes) à rimes plates.
La plupart des traductions en français moderne sont en prose.

Approfondissement des acquis à partir des TICE

- Préparation d’une visite au musée de Cluny.
Deux suggestions de visite : Les arts / L’amour, la courtoisie et la Dame
Détails : http://www.musee-moyenage.fr

- Chrétien de Troyes et la littérature médiévale

Partager

Imprimer cette page (impression du contenu de la page)