Ecrire la ville avec François Bon et la BNF

, par SIMONOT Mélinée

En 2004, à l’occasion d’une exposition à la BnF sur le thème de la mer, François Bon proposait un atelier en ligne, à distance, intitulé "Écrire la mer". Cette première expérience numérique a mobilisé un réseau d’ateliers d’écriture créative, animés par des enseignants, à travers le monde. Chaque quinzaine, l’écrivain faisait paraître en ligne une proposition d’écriture, accompagnée de recommandations pour construire une séance (éventuellement déclinée en différentes approches selon l’âge des élèves). La mise en ligne des diverses productions résultant de cette expérience a permis, d’une part, de croiser voire de confronter des points de vue et des représentations très variés, et, d’autre part, d’offrir des exemples concrets de travaux d’écriture en atelier, exploitables par d’autres enseignants qui projetteraient de s’initier à l’écriture créative en classe.

C’est ce même principe que reprend François Bon dans un nouvel atelier en ligne consacré cette fois à la ville.

Depuis deux ans, la Bibliothèque Nationale de France a lancé l’opération "Regards sur la ville" (http://classes.bnf.fr/classes/pages/indregards.htm). Ce projet invitait des jeunes en classe ou dans des structures extra-scolaires à créer des albums photos en s’appuyant sur l’exposition consacrée à l’œuvre d’Eugène Atget en 2007 (http://classes.bnf.fr/atget/index.htm
). L’opération s’est poursuivie en 2007-2008 avec l’exposition "Trésors photographiques de la Société de géographie" (http://expositions.bnf.fr/socgeo/index.htm). La BNF cherchait ainsi à renouveler l’exploration photographique de la ville en réfléchissant sur des thèmes comme "la ville en chantier", "les murs ont la parole", "petits boulots" ou "à la frontière de la ville, la zone".

Sans abandonner l’image, l’année 2008-2009 donne une nouvelle dimension à l’opération "Regards sur la ville". En effet, le projet s’enrichit désormais de l’exploration de la ville à travers le regard des écrivains, au gré de leurs errances et de leurs déambulations spatiales, imaginaires et textuelles. L’objectif est d’associer textes, images, sons, vidéos afin d’élaborer une écriture collective et interactive, capable de balayer une pluralité d’approches et de thèmes, d’interroger nos pratiques et nos représentations de la ville.
Les cinq premières propositions seront mises en ligne à partir du mois d’octobre 2008. Elles permettront aux enseignants, formateurs, éducateurs, bibliothécaires, de déterminer leur point de départ. Quinze propositions supplémentaires viendront ensuite les rejoindre jusqu’en mars 2009.
Le support privilégié sera le blog wiki qui offre la possibilité de commenter les diverses productions, d’écrire collectivement un texte à distance, de faciliter l’intervention des élèves dans l’espace d’écriture, de manipuler l’image et le son.

L’académie de Versailles est partenaire de ce projet.
Depuis de longues années, la DAAC de Versailles poursuit un travail étroit dans le domaine de l’écriture et de la littérature, elle propose un atelier annuel d’écriture avec François Bon qu’ont rejoint de nombreux enseignants. Cette expérience acquise nous permet d’explorer la proposition innovante de l’atelier en ligne que nous nous efforcerons de suivre.

Vous trouverez le détail du projet sur le site de la BNF :

http://classes.bnf.fr/classes/pages/indville.htm

Si vous souhaitez accéder au formulaire d’inscription à l’atelier en ligne, consultez l’adresse suivante :

http://classes.bnf.fr/classes/pages/inscript/01.htm

Orientations pédagogiques

François Bon ouvre la présentation de ce projet par cette épigraphe de Georges Perec :

"Nous ne pourrons jamais expliquer ou justifier la ville. La ville est là. Elle est notre espace et nous n’en avons pas d’autre. Nous sommes nés dans des villes. Nous avons grandi dans des villes. C’est dans des villes que nous respirons." Georges Perec, Espèces d’Espaces.

Cette affirmation de Georges Pérec pourrait constituer une épigraphe à un projet pédagogique autour de la ville. En effet, elle contient quelques pistes susceptibles d’être explorées :

1) La ville est objet de savoirs et source de connaissances parce qu’elle a une histoire, parce qu’elle témoigne de pratiques sociales, parce qu’elle est lieu de rencontres et de dialogues. La ville est donc un enjeu pédagogique séduisant pour les élèves.

2) La ville est l’environnement immédiat de l’élève, son lieu de vie. Pourtant, il n’en a qu’une image fragmentaire, parcellaire, limitée à un quartier, à une rue, à une heure de la journée.
La ville apparaît comme inaccessible aux données de la perception dans sa totalité. Elle nous précède et nous englobe. A ce titre, elle se présente d’emblée comme un espace à explorer et à comprendre.

3) La ville est une abstraction insaisissable. Elle résiste à une appréhension homogène et globalisante, c’est pourquoi elle se prête à de multiples représentations fécondes pour l’imagination dans divers domaines de savoirs, notamment les arts visuels et la littérature.

On voit bien alors comment se tisse autour de ces trois pistes la raison même du projet « Ecrire la ville » : la pratique d’écriture réalise tout à la fois l’expérience nommée de la ville (errance, promenade, lectures, lecture critique des paysages urbains) et l’accès à la connaissance par la langue en exercice et par les savoirs auxquels cette dernière s’adosse.

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