Internet en complément du cours de latin : exploration vécue de quelques sites au niveau collège

, par JULIEN Jacques, Collège Guy-Moquet, Gennevilliers

Avant-propos

Remarque

Cette expérience remonte à l’année 96. La démarche reste pertinente et le compte-rendu mérite d’être laissé en ligne, mais un certain nombre d’adresses utilisées alors ne sont plus valides. Elles ont donc été retirées. Il resterait, pour une démarche analogue, à rechercher sur le web des sites exploitables à l’heure actuelle.

Origine de ce travail

Il s’agit de l’extrait d’un article paru dans l’EPI, n°87, septembre 97.

Cet article fait suite à la sélection de sites publiée ici-même en septembre 96, et à un premier compte rendu d’expérimentation paru dans le Dossier n° 24 de l’Ingénierie Educative (Internet dans le monde éducatif) en décembre 96. Il fait le point sur ce qu’il est possible de faire en classe de cinquième, quatrième et troisième, à partir de séquences concrètes, en cours de latin, essentiellement pour l’enseignement de la civilisation. Ces sites ont été expérimentés pour la plupart au cours des deux derniers trimestres de l’année scolaire 1996-97.

Conditions matérielles

- Salle de 14 postes multimédias (Pentium 120) sous Windows 95 communiquant sous réseau Novell 3.12 ;

- Partage de deux imprimantes sous W95, une laser noir et blanc et une jet d’encre couleur ;

- Internet arrivant sur un poste du réseau équipé d’un modem Olitec 33600. Le logiciel de capture Memoweb permet d’installer provisoirement sur un disque du serveur les sites les plus fréquemment utilisés, soit qu’ils aient été sélectionnés au préalable par le professeur, soit qu’ils aient été demandés par un groupe d’élèves pour les besoins d’un exposé.

En cinquième, travail sur la langue

- Reconnaissance de vocabulaire et de formes casuelles à partir de la bande dessinée Max et Moritz
(1 heure, fin du premier trimestre).

Il s’agit d’une vieille bande dessinée allemande de Wilhelm Busch contant les aventures de deux garnements, qui a été traduite en latin par un universitaire américain. Le latin n’est pas cicéronien, mais le but est avant tout de faire rechercher par les élèves, de manière ludique, des mots latins à partir de radicaux français et des structures grammaticales à partir de l’identification des cas.

- En raison du grand nombre d’élèves (28), je n’ai pas pu leur faire réaliser de dossiers de civilisation sur ordinateur.

En quatrième-troisième, travail de recherche en civilisation

La citoyenneté à Rome

Tout au long de l’année, en troisième seulement, un travail sur la citoyenneté à Rome a été mené dans le cadre d’un projet ZEP sur la citoyenneté en général.

Sources utilisées

- Des extraits

  • Jacques Ellul, Histoire des Institutions de l’Antiquité (PUF, 1963)
  • Claude Nicolet, Le métier de citoyen dans la Rome républicaine (Gallimard, 1976)
  • Michèle Ducos, Rome et le droit (Livre de Poche références, 1996).

- Des sites

Réalisation

- Après un travail écrit de résumé d’un chapitre de Nicolet sur l’évolution du droit de cité au cours de la République, les élèves ont composé sur ordinateur, à partir des références ci-dessus, un texte accessible à leurs camarades pour l’exposition de fin d’année sur les droits du citoyen, ses devoirs, et l’évolution du droit en ce qui concerne l’intégration des non-Romains : comment pouvait-on devenir citoyen romain ...ou cesser de l’être ?

- Au deuxième trimestre, les élèves ont appris à monter un dossier sous Word avec des images importées d’Internet : ils ont tous réalisé un travail, guidé pas à pas, sur le forum romain à partir de banques d’images alors disponibles.

- Au troisième trimestre, les élèves ont eu à faire eux-mêmes un dossier sur une province, ou une ville dans une province, de l’Empire Romain.

Mes sources d’information principales ont été :

  • la liste de diffusion RomanSites-L, maintenue par Bill Thayer, de l’Université de Chicago, dont les archives sont maintenant disponibles sur le Web à l’adresse suivante :

En quatrième

La Tunisie romaine

Trois élèves ont travaillé, individuellement, sur trois aspects de la Tunisie romaine :

- une sur la vie quotidienne à l’époque de Tertullien et d’Augustin à partir de mosaïques du Bardo, provenant essentiellement de Sousse et El Jem :

http://www.idsonline.com/tunisia/mosaics/mosaic00.html

- une sur la ville de Dougga à l’époque romaine

- une dernière sur l’amphithéâtre d’El Jem

Alexandrie

Deux élèves de quatrième ont fait ensemble un dossier sur Alexandrie à l’époque romaine à partir d’un site en anglais, mais parfaitement abordable :
http://ce.eng.usf.edu/pharos/alexandria/

Chapitres historiques brefs sur Cléopâtre, la ville à l’époque ptolémaïque, et ce qu’elle devient sous l’Empire romain.

La Grèce à l’époque romaine

Une autre a travaillé sur la Grèce à l’époque romaine, à partir de deux sites :

- Le site du ministère de la culture grecque, http://www.culture.gr
Elle a pu trouver des images commentées de l’Agora romaine d’Athènes et des monuments de la même époque à Delphes.

- Un site, plus difficile, sur le travail des archéologues à Isthmia (fouilles de l’Ohio State University), où elle a pu trouver des images des bains romains et de leurs mosaïques

En troisième

Lutèce

Deux élèves ont choisi d’étudier Lutèce à l’époque romaine.

Je leur avais communiqué quelques adresses
On trouve entre autres http://www.oceanis.net/paris/misc/histoire/histoire.html http://www.pariserve.tm.fr/quartier/paris.htm
les deux premières donnent une présentation trop générale.

Un autre site qu’elles avaient trouvé elles-mêmes par un moteur de recherches ne donnait que de simples adresses de monuments et une brève description des arènes ou des thermes de Julien.

Frustrées ("Finalement, on ne trouve pas grand chose sur Internet"), elles ont construit leur dossier en faisant un va-et-vient entre le livre de Paul-Marie Duval sur Lutèce à l’époque romaine et leur travail à l’ordinateur.

Depuis, il existe sur le Web un exposé d’élèves de seconde du lycée Le Rebours (http://web.fdn.fr/ rebours/lutece.htm), enrichi d’illustrations (plan général, du forum et de l’amphithéâtre), mais la frustration de mes élèves à l’époque a été productive dans la mesure où elle illustre qu’Internet ne saurait se substituer à la documentation papier du CDI, mais venir en complément.

Nîmes à l’époque romaine

Trois élèves ont étudié Nîmes à l’époque romaine à partir de deux sites en français :

- l’un qui est une présentation très générale

http://www.logassist.com/main.asp

- l’autre, plus détaillé, avec des photos de la Maison Carrée, des Arènes et de la Tour Magne, réalisé par les étudiants de l’EERIE
(la page n’existe plus).

Trévise

Un élève qui souhaitait travailler sur l’Italie a fait un dossier sur Trévise à l’époque romaine à partir d’un site qui n’est plus disponible.

Trois échecs instructifs

une ville de la Bretagne romaine ...

Deux élèves de troisième ont essayé de choisir une ville de la Bretagne romaine, mais se sont perdues dans le dédale des adresses de la liste de diffusion RomanSites-L, et n’ont fait qu’un travail superficiel sur Cantorbery

L’Espagne romaine

Une élève de quatrième a « calé » sur l’Espagne romaine pour la même raison : difficulté à choisir parmi la vingtaine de sites commentés - en anglais - par le responsable de la liste de diffusion en question. Impatience de devoir faire la queue devant le seul poste de consultation en direct auquel elle devait soumettre ses demandes successives. Mes encouragements et mon aide n’ont pas suffi à vaincre la lassitude.

Augusta Raurica

Un site allemand me paraissait très intéressant : un site sur Kaisergaugst (Augusta Raurica) fabriqué par des élèves de 7e du Gymnasium de la ville, avec de nombreux plans et images d’objets ; mais l’obstacle de la langue, qui n’est jamais insurmontable en anglais, se révèle ici très réel, même pour des germanistes première langue de troisième, peut-être aussi à cause même du caractère non superficiel et tout de suite technique des travaux réalisés par nos camarades d’outre-Rhin, qui ne sont pas vulgarisateurs aussi dénués de complexes que leurs homoloues américains... J’ai dû me résoudre à proposer sous forme de jeu un questionnaire de recherche d’informations sur le site. Par tâtonnements et hypothèses, et stimulés par le côté labyrinthique de l’hypertexte, les élèves ont parfaitement réussi à localiser les réponses.

Bilan

- Deux ou trois séances ont suffi à rendre les élèves autonomes en ce qui concerne l’insertion d’images et la mise en page. Ils m’appelaient encore au secours quand il s’agissait de sauver une image d’Internet sur le réseau local (la notion d’emplacement d’un fichier dans une arborescence n’est pas évidente pour des élèves de collège). Quelques manipulations de transformation de format d’image, dues au fait que nous utilisions un vieux Word 2, nécessitaient également ma présence sauf pour quelques troisièmes devenus maîtres en PaintShop Pro. Ce qui pose le plus de problèmes (voir échecs) est l’exploration d’une série de sites en direct, qui provoque une certaine lassitude, et a fortiori la recherche de sites sur un sujet donné, en dépit de plusieurs séances de formation aux moteurs de recherche, qui entraîne découragement et perplexité. Cela suppose des techniques de recherche et de traitement de l’information auquels les élèves de collège ne sont pas habitués. On peut penser que ce serait plus facile pour des lycéens.

- L’idée que certains dossiers pourraient être sélectionnés pour l’exposition de fin d’année a été un appât qui s’ajoutait à la nouveauté de l’expérience.

- Ce qui me semble essentiel, c’est de veiller à la sélection d’informations et à la construction d’un travail personnel, que les fonctions commodes de copier/coller pourraient faire oublier. En fait, en particulier souvent à cause de l’obstacle de la langue, ce tri est nécessaire. Paradoxalement, on aura moins de copie pure et simple que dans certains travaux au CDI, qui sont souvent si l’on n’exige pas systématiquement une réécriture un centon de diverses encyclopédies cousu main quand ce n’est pas un fil rudimentaire reliant entre elles des photocopies. Il faut également veiller à maintenir Internet comme une source parmi d’autres, à soumettre à la critique, et non exclusive du livre. La disposition de la salle informatique dans laquelle je travaillais, avec les ordinateurs autour et un espace de travail central où étaient disposés un certain nombre de livres et de documents favorisait cette démarche duelle.

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