Comment et pourquoi utiliser un dictionnaire en vidéo-projection ?

, par BERTAGNA Chantal

Le Grand Robert

L’UTILISATION DU DICTIONNAIRE ÉLECTRONIQUE EN CLASSE DE LETTRES

(Revue Enseignement et Multimédia, Informatique et Lettres, n°1, janvier 1995)

INTRODUCTION

Qu’est-ce qu’un dictionnaire électronique ? Ce sont toutes les données d’un dictionnaire, rangées sur un CDROM, c’est-à-dire un disque compact informatique, que l’utilisateur peut lire mais non pas modifier. Ce disque se lit à l’aide d’un lecteur spécial que l’on couple à un ordinateur PC. Sa puissance de stockage est énorme puisque le Grand Robert et tous les éléments de programme qui gèrent le disque n’en occupent qu’une faible partie. L’accès à l’information est extrêmement rapide, de l’ordre de la seconde ou de la fraction de seconde ; il est possible aussi de naviguer très vite d’un article à l’autre en sélectionnant un mot du premier article sur lequel on veut des éclaircissements : c’est ce que ROBERT appelle « la promenade électronique ».

Il existe à l’heure actuelle trois dictionnaires électroniques, ZYZOMYS, le ROBERT électronique et le dernier en date, AXIS. Le principe de fonctionnement est, pour l’essentiel, commun aux trois, mais nous ne parlerons ici que du ROBERT dans la mesure où c’est celui que nous connaissons bien pour l’avoir expérimenté.

Comment se présente le ROBERT ?

La première singularité par rapport au dictionnaire papier dont il a le même contenu est que la consultation d’un article se décompose en deux temps : le mode abrégé et le mode détaillé. Le mode abrégé ne donne qu’un bref condensé des différentes acceptions du mot ainsi que la date de chacune d’elles et le registre de langue auquel elle appartient. Pour les élèves les plus jeunes ou en difficulté, cela permet un parcours simplifié et en même temps plus riche de renseignements qu’un petit dictionnaire tel le Petit Robert ou le DFC. Pour tous, cela favorise une lecture discriminatrice : tel sens apparu au XIXème ne peut pas être retenu si l’on étudie un texte de Molière ; il conviendra aussi de se demander si tel sens du mot dans la langue scientifique peut ou non éclairer le mot employé, par exemple, dans un poème. Le mode détaillé, lui, donne l’article complet avec toutes ses définitions et les mots apparentés.

Le deuxième atout est la « promenade électronique » : avec une facilité à la portée de tout élève de 6e, l’utilisateur peut aller chercher le sens d’un terme qu’il n’a pas compris dans l’article ; il lui suffit de placer le curseur sur ce terme et d’appuyer sur la touche « Entrée » pour qu’immédiatement, le nouvel article apparaisse et ainsi de suite autant de fois qu’on le veut. Inutile de dire que cela suscite la curiosité intellectuelle des élèves, leur envie de parcourir le dictionnaire à la recherche de mots nouveaux.

A l’aide d’une touche « Fonction » qui apparaît en clair dans un bandeau au bas de l’écran, on peut appeler synonymes et dérivés qui se détachent ainsi de l’article proprement dit, ce qui peut amener une recherche distincte.

On peut procéder aussi à une recherche avec « Joker » qui sélectionnera tous les mots commençant par tel groupe de lettres ou, beaucoup plus intéressant car irréalisable avec un dictionnaire classique, tous les mots terminés par telle finale. Voilà qui ouvre bien des perspectives de travail sur la langue dans une optique étymologique ou orthographique.

D’une grande richesse d’exploitation à partir du lycée surtout, la fonction « Citations ». Celles-ci apparaissent en liaison avec chacune des acceptions, distinctement.

Par ailleurs, indépendamment de la consultation d’un article, on peut faire des recherches sur les citations de l’ensemble du dictionnaire avec plusieurs critères de tri croisés. On peut demander ainsi toutes citations contenant le mot « regard » chez Racine ou dans Andromaque, tous les titres de livres mentionnés qui comptent le mot « regard ». Les élèves ( et le professeur ! ) ont ainsi à disposition une base de données fort riche.

Tous les résultats de ces recherches peuvent être conservés grâce à des tirages sur imprimante. Il faut enfin indiquer que le ROBERT électronique peut être utilisé seul, en mode dit « autonome », ou bien en mode « résident », c’est-à-dire couplé à un traitement de texte. Dans ce cas, grâce à une manipulation simple, clairement expliquée dans la documentation, avant de lancer son programme de traitement de texte, on « déclare » à la machine que l’on installe le ROBERT qui, tout en étant invisible à l’écran, devient accessible à tout moment : dans le texte, on place le curseur sur le mot à explorer, on tape « Alt+R » et l’article du dictionnaire apparaît dans une fenêtre qui s’ouvre au centre de l’écran. Si on veut remplacer le mot du texte par un synonyme, on peut le faire par la touche « Entrée ». De même, on peut tirer sur imprimante les éléments de recherche qu’on veut conserver.

Quel environnement informatique prévoir ?

Le lecteur de disque compact se connecte à un ordinateur PC ou s’y intègre. A partir de là, les configurations locales et les choix financiers et pédagogiques conditionneront les conditions de son emploi. En effet, on peut relier le lecteur à un ordinateur unique placé dans la classe ou au CDI : cette disposition conviendra à certaines recherches pédagogiques que nous évoquerons ci-dessous. Si cet ordinateur unique est couplé à un rétroprojecteur et à une tablette à cristaux liquides, on peut projeter les données sur un écran et procéder à un travail collectif, tel qu’il s’est mené dans le cadre de l’expérimentation nationale pilotée par la DLC15(1). Enfin, il est possible d’adjoindre ce lecteur à un réseau de PC, permettant ainsi à tout un groupe d’élèves de recourir individuellement et simultanément au dictionnaire électronique.

Pour quelles utilisations pédagogiques ?

C’est là la question majeure car les prouesses techniques n’ont d’intérêt que si elles permettent au professeur de remplir plus efficacement son rôle. Or, tous les textes officiels, toutes les bonnes résolutions pédagogiques reconnaissent la nécessité du recours fréquent au dictionnaire. Mais les situations traditionnelles ne permettent pas toujours d’y recourir de façon systématique et méthodique. Quatre ans d’expérimentation d’ordinateur en classe entière dans le cadre de la DLC15 ont montré que le CDROM ROBERT devenait vite un outil courant ( en utilisation collective ou individuelle ) dans tous les types de travaux et à tous les niveaux de la scolarité, de la 6e en deux ans à la classe d’hypokhâgne. En effet, le CDROM offre toute la richesse du Grand ROBERT à laquelle s’ajoutent des moyens d’investigation impossibles avec un support papier et une facilité d’utilisation supérieure à la manipulation des nombreux volumes épais d’un dictionnaire classique. C’est pourquoi il se prête à de multiples situations pédagogiques que nous allons survoler ci-après.

I- TRAVAIL SUR LA LANGUE.

1) Travaux de vocabulaire et d’orthographe.

Le ROBERT fournissant une énorme base de données, il peut être très attrayant pour les élèves d’explorer ainsi les richesses de la langue, même dans ce qu’elle a de plus rébarbatif à leurs yeux, les contraintes orthographiques. Ainsi, m’appuyant sur la correction d’une dictée qui comportait les mots « suspension » et « propension », grâce à la fonction « Joker », j’ai fait apparaître la liste des mots terminés en

« -ension » ainsi que le nombre de ces mots (29). Les élèves dégagent aisément la constante orthographique, notent les mots connus puis on cherche le sens des autres mots. Pour des élèves non-latinistes ou n’ayant pas encore étudié le supin, il est plus facile de comprendre la « règle » orthographique de cette façon plutôt qu’en passant par la racine. Un élève objectant l’orthographe d’"attention", on demande les suffixes en « -ention » ; surgit une liste de 23 mots avec la constante « -tention » et « -vention » ; par comparaison des deux listes, on isole « tension » et ses composés que l’on explique en faisant un détour par la fonction « Etymologie » de ce mot. La même démarche est ultérieurement suivie pour les autres suffixes en « -sion » et « -tion ».

Le même type de travail peut être envisagé pour bon nombre de préfixes ou de finales, je pense par exemple aux noms masculins terminés par le son [i]. L’affichage du nombre de mots ainsi orthographiés permet de faire découvrir aux élèves normes et exceptions.

Par ailleurs, ainsi que nous le verrons plus en détail ensuite, il est tout à fait intéressant de travailler de cette manière sur les synonymes, sur un champ lexical, sur les différents niveaux de langue en faisant apparaître successivement la version détaillée des diverses acceptions d’un terme ; on peut aussi étudier l’histoire de la langue puisque la version abrégée mentionne la date d’attestation de chaque sens, qui ressort donc de façon ostensible.

2) Relations entre le français et les langues anciennes

De nombreux collègues utilisent le ROBERT soit pour explorer le français dans une perspective étymologique, soit en cours de latin ou de grec pour faire découvrir la postérité du vocabulaire étudié. Prenons quelques exemples :

Il est très facile de travailler sur les racines gréco-latines car le ROBERT les fait apparaître distinctement des mots eux-mêmes et indique quel type de mots ( scientifique par exemple ) a fourni cet élément étymologique ; ainsi des suffixes « -fuge » et « -fère ». Ensuite on demande la liste des mots contenant ce suffixe et la compréhension des dérivés s’en trouve facilitée.

Inversement, à l’occasion de la découverte de « verbum » ou de « vindex,-cis » on peut explorer le mot « verbe », ses multiples sens , ses dérivés ( verbeux / verbal ) ou demander les mots comprenant « -vindic- » et « -vendic- » ; l’exploration des citations permet alors une compréhension plus fine, plus historique du mot.

Dans le cadre de l’apprentissage du supin, il peut utile de faire prendre conscience aux élèves de l’intérêt de mémoriser une forme qu’au début ils rencontrent assez peu : en explorant pour les verbes-types les radicaux du supin (amat-/amateur ; monit-/moniteur, prémonition ; lect-/lecteur ; miss-/mission ; capt-/capture ; audit-/audition ), on fait apparaître à la fois la richesse des dérivés français formés sur le supin ainsi que des constantes, les suffixes en -eur, en -ure et -ion. Voilà peut-être de quoi animer les énergies un peu trop tièdes ...

II) TRAVAIL DE LECTURE

Nous donnerons ici des exemples de travaux menés avec succès en classe, sans aucunement prétendre à l’exhaustivité. Il nous paraît intéressant de souligner que le dictionnaire électronique a pris place dans divers types d’exercices de lecture, à des niveaux scolaires différents et que le constat a toujours été le même : les élèves, par ce biais, ont prêté une attention plus fine aux mots, acquérant ainsi une meilleure stratégie de lecture.

1) Dans le cadre d’une lecture dirigée en collège.

Nous avions proposé l’étude du Roman de la momie à une classe de 4e ; or, il est évident que, même pour de bons élèves le vocabulaire de l’antiquité qui abonde dans l’oeuvre gêne la compréhension. Nous avions donc relevé des mots aux occurrences fréquentes, tels que « sarcophage, gynécée, monolithe ou hypogée » pour n’en citer que quelques-uns. Pour chacun, avec l’ordinateur en classe entière, les élèves ont exploré définitions et étymologie ; le professeur souligne les racines grecques ; puis, on retourne à des passages du texte pour vérifier la compréhension dans le contexte. On découvre alors certaines approximations de l’auteur qui n’a pas hésité à employer dans un roman sur l’Egypte le mot « gynécée » qui appartient à l’Antiquité gréco-latine ou « crypte » utilisé pour l’architecture chrétienne. Cette découverte permet ensuite des pistes de lecture intéressantes pour la définition du roman historique ou celle du pittoresque.

Cette séance a été suivie d’autres recours au ROBERT pour un travail d’acquisition de vocabulaire formé sur des racines gréco-latines savantes. Les élèves ont l’impression d’un vrai jeu de piste : « sarcophage » permet de dégager l’élément « -phage » ; à l’aide du joker, on obtient tous les mots terminés par « -phage » ; « anthropophage » révèlera « anthrop- » qui amènera « misanthrope », puis « misogyne » qu’on recoupera avec « gynécée » et ainsi de suite. A chaque étape, on peut examiner le ou les sens du mot. De cette façon, même les élèves faibles peuvent suivre l’exploration d’un lexique difficile. Rappelons en effet que le passage d’un mot ou d’un suffixe à l’autre est extrêmement rapide et aisé.

2) Dans le cadre d’un travail sur la presse

En collège, le professeur de lettres a entre autres missions d’initier ses élèves au monde et au langage de la presse. Si ce travail recueille en général l’adhésion des classes, il n’en reste pas moins que de nombreux problèmes de vocabulaire se posent, en particulier pour tous les termes techniques ( éditorial, rubrique, chronique, colonne, une, bulletin, gazette, etc.). Rechercher dans le ROBERT leur sens précis et la date de leur apparition, constituer un lexique comprenant définitions, citations éventuelles puis chercher des exemples dans des journaux est un exercice très profitable et qui permet de corriger bien des ignorances et favorise une étude précise du contenu des journaux. Suivant les circonstances, cette recherche peut être menée de manière autonome par les élèves au CDI ou en salle informatique ou bien par la classe entière, lieu d’échange et de discussion.

3) Pour éclairer un texte à résumer ou une page de publicité

Lorsqu’un enseignant travaille sur la publicité avec sa classe, il est très vite amené à évoquer les notions de dénoté et de connoté ; or, les élèves-consommateurs ne repèrent pas toujours les « pièges » publicitaires. Un recours à un outil aussi complet que le ROBERT peut les éclairer efficacement sur les implicites de mots chers aux publicistes comme « libre » ou « bonheur » ainsi que sur la récupération commerciale de notions philosophiques.

Par ailleurs, les élèves sont souvent désorientés par le vocabulaire abstrait (notamment les substantifs) qui abondent dans les textes argumentatifs qu’ils ont à résumer. Si l’on tape le texte en traitement de texte , ils peuvent seuls ou collectivement rechercher le sens des mots difficiles qui auront ou non été signalés par le professeur. Comme ils ont à leur disposition un instrument riche, il leur faut choisir entre différentes acceptions, retourner au texte pour confronter définitions et contexte.

4) Pour travailler la question de vocabulaire du bac

Ce travail est le prolongement naturel de celui qui vient d’être évoqué. Des collègues en charge de classes de lycée ont fait régulièrement appel au ROBERT pour préparer leurs élèves à cet exercice. Ceux-ci passent naturellement de la version abrégée à la version détaillée, examinent l’étymologie, la formation du mot, les mots de le même famille : ils « cernent » ainsi le terme à expliquer ... et puis découvrent aussi que le recours au dictionnaire, aux synonymes a des limites : il faut comprendre le mot dans son contexte et grâce à lui. Cette constatation est aussi de nature à les rassurer : le jour du bac, ils n’auront pas le ROBERT sous la main ! Il n’en reste pas moins que l’apprentissage du dictionnaire à ce niveau n’est pas inutile et se révèle même indispensable pour nombre d’élèves. Ne seraient-ce pas des travaux envisageables dans le cadre des modules ?

III- TRAVAIL D’ECRITURE

Amener les élèves à améliorer la qualité de leur écriture par l’enrichissement et la précision du vocabulaire est une préoccupation constante du professeur de lettres. Au lycée s’ajoute le souci d’étayer la pensée par des exemples et, en particulier, par des citations. LE ROBERT est à ce double égard un instrument précieux. Les exemples que nous donnons ici se situent en amont et en aval du devoir accompli, c’est-à-dire au stade de la préparation et à celui de la correction. Rares sont en effet les classes qui rédigent leurs devoirs sur ordinateur mais, si tel était le cas, le recours au dictionnaire électronique serait aussi le bienvenu dans la phase de création.

1) Préparation d’un devoir d’imagination

Qu’il soit de type narratif ou descriptif, le devoir d’imagination pêche souvent par la pauvreté du vocabulaire, l’absence de champ lexical dominant. En classe entière ou par groupe, il peut être bon de préparer le devoir par la constitution d’un stock de mots dans lequel les élèves devront puiser. Par rapport à un dictionnaire traditionnel, le ROBERT offre le principe des versions abrégée et détaillée des articles, celui de la promenade électronique qui permet de sauter rapidement d’un mot à un autre, soit pour vérifier la pertinence d’un choix soit pour étudier un nouveau mot, et la présence des rubriques « Dérivés » et « Synonymes » : tous ces éléments donnent aux élèves la possibilité d’une recherche attrayante et fructueuse. L’expérience prouve que, lorsque les élèves ont été entraînés ainsi, ils recourent ensuite plus spontanément et plus efficacement aux dictionnaires classiques pour rédiger leurs devoirs. Ils ont en effet mieux perçu l’intérêt du dictionnaire et ils savent mieux en tirer parti.

2) Préparation d’un devoir d’argumentation, d’une dissertation

Développer une argumentation, c’est, pour les uns, le casse-tête des idées à trouver, pour les autres, celui du sujet à bien cerner sans ambiguïté sur les notions à mettre ne oeuvre. Là encore le recours au Robert pour la préparation du devoir est des plus utiles, depuis l’initiation au devoir de réflexion jusqu’à l’approfondissement de la dissertation.

Pour un sujet sur le voyage donné en 4e (Quel genre de voyage vous tente et pourquoi ? ) ou sur les héros en 3e (Expliquez et commentez la formule suivante : On peut être un héros sans ravager la terre), la consultation collective du ROBERT a permis de comprendre le sujet et de le nourrir d’autre chose que de lieux communs spontanés : par exemple, l’entrée « voyage » par la mention de « voyage au long cours, » de « voyage organisé », de « périple » indique quelques pistes de recherche sur les différentes sortes de voyage ; l’exploration de l’ensemble de l’article, la lecture de quelques citations sélectionnées par le professeur, la recherche des divers mots auxquels l’article renvoie, ont permis aux élèves non seulement de se constituer un champ lexical fourni, mais aussi de réfléchir à la notion de voyage et à tout ce qu’elle peut recouvrir. Le travail sur le héros a été similaire : on a d’abord bien distingué le héros d’une oeuvre et le héros demi-dieu ou épique ; puis on a regardé les différentes acceptions du mot, militaires ou morales. La trace de toutes ces recherches est fixée grâce au traitement de texte auquel on a couplé le ROBERT ; elle pourra donc être imprimée et distribuée.

Cette démarche peut être suivie aussi avec des élèves plus âgés, en regardant de plus près chaque définition, en se référant systématiquement à l’étymologie, en examinant l’ensemble des citations proposées sous cette entrée. Il convient en outre d’utiliser les ressources de la recherche croisée par citations qui permet de rapprocher des notions similaires ou opposées telles que « bonheur » et « argent », « risque » et « responsabilité » ; l’examen de la période des citations proposées ouvre aussi des perspectives de réflexion approfondie et non plus naïve : la notion de bonheur n’est pas attachée aux mêmes valeurs au siècle des Lumières et au XXème. Dans ce cas, le CDROM est un précieux outil de travail aussi bien dans la salle de classe qu’au CDI.

3) Enrichissement, correction d’un devoir

Pour cette tâche, on emploie le Robert en résident, ce qui permet d’y faire appel à partir du traitement de texte à l’aide duquel le devoir ou une de ses parties a été saisi (par l’élève ou par le professeur en vue d’une correction collective ou individuelle). Le dictionnaire électronique opère alors comme un dictionnaire de synonymes, mais avec une plus grande richesse ; en effet, l’élève peut parcourir tout l’article, chercher la définition des synonymes proposés avant de remplacer un terme par un autre. La présence d’expressions dans la définition du mot à remplacer peut aussi amener l’élève à modifier toute sa phrase ou à développer une idée. On peut en outre penser à insérer dans le devoir des citations.

Pour conclure, nous voudrions lever une objection déjà entendue lors de stages : le jour de l’examen ou chez eux, les élèves ne disposent pas d’un tel instrument ; certes, mais lors d’une épreuve, ils n’ont pas non plus l’usage d’un dictionnaire traditionnel. Ce qui compte ici, c’est l’apprentissage de méthodes et l’éveil d’un goût pour le mot juste, pour une pensée précise. C’est pourquoi, à notre sens, si le ROBERT a une place naturelle au CDI comme tout ouvrage documentaire, il doit aussi s’intégrer dans la classe de lettres afin que, sous la conduite du professeur qui dans sa préparation aura balisé le chemin, les élèves apprennent à ne pas se contenter d’un à peu près, qu’ils comprennent que, dans un dictionnaire « haut de gamme », ils trouveront de quoi enrichir et leur langue et leur pensée, notamment en la nourrissant de celles des autres. C’est en ce sens que le dictionnaire électronique semble, à ceux des professeurs qui l’ont utilisé avec leurs classes, être un outil qui aide les élèves à mieux lire et mieux écrire.

Partager

Imprimer cette page (impression du contenu de la page)