Thématique de la journée
Depuis les années 1980, les recherches sur la façon dont les historiens anciens écrivaient leurs ouvrages ont montré que leur pratique relevait davantage du domaine littéraire, et en particulier rhétorique, que d’une méthode d’investigation du passé telle qu’elle est actuellement pratiquée.
L’approche adoptée par ces auteurs est en effet essentiellement persuasive, appuyée sur la vraisemblance et la recherche d’explications plausibles alternatives. En conséquence, il convient d’aborder ces textes avec prudence, notamment en les confrontant entre eux.
Cette perspective est exactement la même que celle recommandée vis-à-vis des infox, ces récits qui peuvent sembler vrais, mais qui en réalité contiennent une part de mensonge, voire de manipulation.
Dès lors, pédagogiquement, le passage par les textes antiques et la façon dont ils ont été écrits permet d’aborder des problématiques tout à fait actuelles, comme la nécessité de vérifier la crédibilité d’un récit avant de lui accorder sa confiance ou encore la comparaison de différentes sources entre elles afin de se forger sa propre opinion sur un même événement.
Qu’il s’agisse de repérer le type de mots utilisés, les divergences de présentation ou le dispositif mis en œuvre par un historien afin de convaincre son public, ces textes et leur contexte d’écriture peuvent servir de support à de nombreuses activités permettant aux élèves de développer leur esprit
critique, à tous les niveaux.
Cette journée propose ainsi aux enseignants et enseignantes de collège et de lycée, dans la
matinée, quatre études de cas menées par des universitaires spécialistes du sujet, suivies, l’après-midi, d’ateliers pratiques assurés par des enseignantes formatrices, proposant des exemples concrets de la façon dont ces thématiques peuvent être abordées et mises en œuvre en classe.