Présentation du projet : « Seriez-vous en colère ? »
L’expression de la colère dans les textes latins se joue-t-elle de certaines normes linguistiques ? Peut-on l’observer et en reproduire des exemples ?
**Un cadre pédagogique particulier
Le projet a été mené avec un groupe de latinistes multi-niveaux, de la seconde à la terminale, composé d’experts et de grands débutants, réunis une heure par semaine pour collaborer à un projet commun. Un tel regroupement oblige à picorer dans les programmes.
Dans le présent projet, nous avons retenu les entrées suivantes :
- « soi-même et l’autre », en classe de 2nde ;
- « masculin et féminin », en classe de 1ère ;
- « l’étude philosophique des passions », en classe de terminale.
Cela implique également de privilégier des compétences transversales : traduire, comparer, confronter…
Du point de vue du professeur, ce cadre impose une préparation matérielle rigoureuse pour que chaque élève puisse s’investir dans le projet, selon ses compétences.
**Démarches
Nous avons favorisé une utilisation raisonnée de l’I.A..
L’intelligence artificielle a en effet été convoquée à plusieurs reprises au cours du projet. Elle s’est avérée parfois utile, mais force est de constater que nous avons aussi pu démasquer des erreurs.
Par ailleurs, nous avons privilégié une démarche heuristique, partagée aussi bien par les élèves que par leur professeur. Nous cherchons à savoir si l’expression de la colère en latin se traduit dans un langage qui n’est plus du « bon latin ».
Cette démarche a le mérite d’avoir permis aux élèves de s’emparer vraiment des textes, mais ils ont formulé des hypothèses qui ont parfois été difficiles à vérifier. Les passages qu’ils ont privilégiés et exploités n’ont pas nécessairement permis, non plus, de répondre à la problématique énoncée. Mais, peu importe, en définitive. La démarche d’enquête est à valoriser et c’est elle qui conduit à se confronter aux textes de façon authentique et effective.
**Principes d’organisation pédagogique
Une séance dure 1 heure. Elle est souvent prolongée d’environ 15 minutes sur l’heure suivante, qui accueille le groupe 1ère/ Terminale, à l’exclusion donc des élèves de seconde.
Les élèves de 1ère/ Terminale rédigent un petit bilan de la séance pour en faire lecture en ouverture de la séance commune suivante. Cela permet de mieux cerner la démarche heuristique du projet.
Si un travail est demandé pour préparer une séance suivante ou pour finaliser ce qui a été réalisé en classe, il est réparti par niveau.
Le projet pas-à-pas
Après deux premières séances au cours desquelles les élèves sont invités à reconnaître la colère, puis à enrichir leur vocabulaire français, les cinq séances suivantes explorent méthodiquement différents genres littéraires ou documents épigraphiques jusqu’à découvrir l’expression la plus crue de la colère. Chaque séance propose au moins une activité qui permet d’exécuter une dernière tâche en parfaite autonomie. Les élèves sont progressivement invités à « donner de la voix » pour exprimer la colère de personnages représentés sur des fresques, des tableaux ou des illustrations. Pour y parvenir, ils doivent d’abord appréhender les normes du « bon latin » et ensuite s’en affranchir.
N.B.1 La numérotation des textes étudiés renvoie à l’exemplier que nous mettons à votre disposition, dans son entièreté ci-dessous. Les éléments ont été repris dans le corps de l’article, au gré des besoins.
N.B.2 En fin d’article vous retrouverez le Génially vous permettant de disposer l’ensemble des productions orales des élèves, réalisées au fil du projet. Dans le corps de l’article, nous renvoyons au fur et à mesure, à ce même Génially, avec indication de la page où vous pouvez consulter la ou les productions concernées.
**Séances 1 & 2 : la notion de colère
SÉANCE 1 - Reconnaissez-vous la colère ?
Objectif : (re)découvrir la colère.
– Remue-méninge initial
Le remue-méninges sur le thème de la colère est amorcé par les deux premières minutes de la table ronde PHILOMONACO présentée par le philosophe Robert Maggiori qui a invité deux philosophes, Micher Erman et Sophie Galabru, ainsi qu’une sociologue, Gisèle Sapino.
Les élèves le complètent avec quelques mots clés et partagent leur expérience de la colère.
– Comprendre la portée du thème de la colère
[(Mini corpus (Cf. exemplier I-1)
– Homère, L’Iliade, v1
Μῆνιν ἄειδε θεὰ Πηληϊάδεω Ἀχιλῆος
Chante, déesse, la colère d’Achille, fils de Pélée, …
– L’abbé Lhommond, De viris illustribus, I ,2
« Quod Remus irridens transilivit ; eum iratus Romulus interfecit his increpans verbis : « Sic deinceps malo afficiatur quicumque transiliet moenia mea. Ita solus potitus est imperio Romulus. »
– Tite-Live, Ab urbe condita, I,7
(Vulgatior fama est ludibrio fratris Remum nouos transiluisse muros ;) inde ab irato Romulo, cum uerbis quoque increpitans adiecisset « sic deinde, quicumque alius transiliet moenia mea », interfectum. Ita solus potitus imperio Romulus ; condita urbs conditoris nomine appellata.
(Suivant la tradition la plus répandue, Remus, par dérision, avait franchi d’un saut les nouveaux remparts élevés par son frère,) et Romulus, transporté de fureur, le tua en s’écriant : « Ainsi périsse quiconque franchira mes murailles. » Romulus, resté seul maître, la ville nouvelle prit le nom de son fondateur.)]
Le premier mot de l’Iliade Μῆνιν la colère est associé au chant, (impératif ἄειδε). De même, la colère de Romulus que l’on retrouve dans le texte de l’abbé Lhommond iratus ou de Tite-Live ab irato est associée aux mots verbis, une parole performative qui octroie à Romulus l’imperium de la ville de Rome dont il va ériger les murs. Nous comprenons que la colère peut être fondatrice de parole, du chant épique, et à l’origine d’une civilisation.
– Identifier l’expression de la colère
On propose aux élèves quatre dessins de Le Brun [1]
Ils sont invités à reconnaître quelle figure exprime la passion de la colère en s’aidant du texte qui, dans La méthode pour apprendre à dessiner, accompagne l’image (Cf. exemplier I-2), puis des descriptiones de Sénèque, De ira, II,35 (Cf. exemplier I-3).
[( La méthode pour apprendre à dessiner, Charles Le Brun, 1727.
« La colère aiguë. Les effets de la colère en font connaître la nature. Les yeux deviennent rouges et enflammés ; la prunelle égarée et étincelante ; les sourcils tantôt abattus, tantôt élevés également ; le front très ridé ; des plis entre les yeux ; les narines ouvertes et élargies ; les lèvres se pressant l’une contre l’autre,
l’inférieure surmontant la supérieure, baisse les coins de la bouche un peu ouverts, formant un ris cruel et dédaigneux. »)]
Le dessin de LA FRAYEUR en bas à droite est vite éliminé, puisque le personnage ne « presse pas ses lèvres l’une contre l’autre ». Un débat s’engage pour la suite, le dessin du MÉPRIS en bas à gauche est éliminé car la « prunelle » ne paraît pas assez « égarée ».
On propose alors le texte de Sénèque (Cf. exemplier I-3) pour choisir entre les deux derniers dessins.
[(Sénèque, De ira, II, 35
Non est ullius adfectus facies turbatior : pulcherrima ora foedauit, toruos uultus ex tranquillissimis reddit ; linquit decor omnis iratos, et siue amictus illis compositus est ad legem, trahent uestem omnemque curam sui effundent, siue capillorum natura uel arte iacentium non informis habitus, cum animo inhorrescunt ; tumescunt uenae ; concutietur crebro spiritu pectus, rabida uocis eruptio colla distendet ; tum artus trepidi, inquietae manus, totius corporis fluctuatio.
Nulle passion n’offre des symptômes plus orageux : elle enlaidit les plus belles figures, et donne un air farouche aux physionomies les plus calmes. L’homme abjure alors toute dignité. Sa toge était-elle arrangée convenablement autour de son corps ? la colère y porte le désordre. Tout soin de sa tenue lui échappe ; ses cheveux, que la nature ou l’art faisait flotter d’une manière décente, se soulèvent à l’instar de son âme ; ses veines se gonflent ; à ses fréquents soupirs, aux cris de rage qu’il pousse avec effort, on voit s’ébranler sa poitrine et se tendre les muscles de son cou. Ses membres frémissent, ses mains tremblent, tout son corps est en convulsion. […]
Talem nobis iram figuremus, flamma lumina ardentia, sibilo mugituque et gemitu et stridore et si qua his inuisior uox est perstrepentem, tela manu utraque quatientem (neque enim illi se tegere curae est), toruam cruentamque et cicatricosam et uerberibus suis liuidam, incessus uesani, offusam multa caligine, incursitantem uastantem fugantemque et omnium odio laborantem, sui maxime, si aliter nocere non possit, terras maria caelum ruere cupientem, infestam pariter inuisamque.
Telle on doit se figurer la colère, l’œil ardent de feu ; telle elle gémit, telle elle mugit, mêlant à ses sifflements d’aigres clameurs et des sons plus sinistres encore, s’il est possible ; frappant des deux mains à la fois, car de se couvrir elle n’a nul souci ; farouche, ensanglantée, déchirée et livide de ses propres coups, la démarche égarée, la raison obscurcie et perdue, elle se précipite çà et là, elle ravage, elle poursuit chargée de l’exécration générale, de la sienne surtout, elle souhaite, à défaut d’autres fléaux, que la terre, que le ciel, que l’univers s’écroule, car elle voue à tous la haine qu’on lui porte. )]
D’abord, nous lisons les extraits en associant les termes en caractère gras à leur traduction. Nous recherchons les éléments discriminants. Plusieurs éléments descriptifs retiennent notre attention capillorum natura uel arte iacentium, l’allure des cheveux, et tumescunt uenae, le gonflement des veines, mis en valeur sur le dessin de la colère en haut en gauche et non sur le dessin de L’HORREUR en haut à droite.
À l’issue de la séance 1, les tâches sont réparties comme suit :
- les élèves de terminale se chargeront de visionner la vidéo Philomonaco en entier ;
- ceux de première réfléchiront à un classement du lexique collecté ;
- ceux de seconde mèneront une recherche étymologique sur le mot colère et les dérivés de ira.
SÉANCE 2 - Quel lexique français pour la colère ?
Objectif : enrichir son vocabulaire français de la colère pour gagner en aisance lors des traductions des textes antiques.
Au cours de cette séance, il est fait recours à l’IA à quatre reprises.
– Explorer le lexique de la colère
Les élèves de seconde font la présentation de leur recherche étymologique sur le mot colère et les dérivés de ira sous forme de deux cartes mentales reproduites ici avec le logiciel Xmind.
On distingue en français deux familles étymologiques :
- latine, à partir du mot ira, ae, f.
- grecque, à partir du mot ἡ χολέρα, ας : choléra < ἡ χολή, ῆς : la bile ; au figuré, la colère cf. χολὴν ἔχειν : être irrité, en colère.
La première carte explore la racine grecque.
Nous observons que « coléreux » et « colérique » ne relèvent pas du même niveau de langage. Tous découvrent l’existence du verbe « encolérer ». Deux élèves de première se proposent d’éclairer plus tard, l’un, intéressé par des études de médecine, la théorie des humeurs et l’autre, qui étudie Gargantua en classe de français, la signification du nom Picrochole.
La seconde carte explore la racine latine.
Les élèves ont spontanément rapproché « irrité » de ira ; la question de la double consonne R s’expliquerait par un phénomène d’assimilation. Mais d’autres élèves font observer la présence non expliquée de la consonne T.
Nous demandons à l’IA Perplexity : « Analyse l’étymologie du latin irritus. Y-a-t-il un lien avec ira la colère ? ». Si la réponse apportée est correcte : « La ressemblance phonétique entre les deux mots est purement fortuite. Il n’y a pas de parenté sémantique ou morphologique entre irritus et ira. », l’explication donnée n’est pas exacte. Certes nous ne pouvons effectuer de rapprochement étymologique et sémantique entre irritus < in-ratus < verbe reor « décider, ratifier » et ira.
Mais d’où vient "irrité" ? Il demeure que le double R pose problème, ainsi que le maintien de la finale -té, ce qui rend impossible l’explication de la forme "irrité" en français à partir du latin iratus qui signifie "en colère" ni à partir du latin irritus.
Le français "irrité" vient de irritatus < irrito, as, are (inritare) "exciter, stimuler, provoquer".
Or "irriter" issu de "irritare" est d’abord attesté en français au XIVe siècle dans le sens de "mettre en colère", et seulement au XVIe siècle dans le sens, pourtant étymologique, d’ "exciter, pousser quelqu’un à" / "rendre plus vif " exciter la douleur". Par ailleurs, les occurrences latines iracundiam irritare Sénèque De Ira 3, 8 et iras irritare Tite Live 29,16,5 témoignent bien de liens sémantiques entre ira et irritare. Un phénomène de confusion étymologique à un moment de l’histoire de la langue n’est pas exclu. [2].
– Classer le lexique français de la colère
Le recours à l’IA nous permet de réfléchir à une première répartition du lexique de la colère : symptômes, intensité, expressions prononcées.
Nous enrichissons ces premiers résultats en nous appuyant sur l’article de Christian Plantin « Dissémination de colère dans le lexique français : un exercice sur les termes et les expressions d’émotions » [3].
[4]
Cela permet d’aboutir à une présentation plus riche et un classement plus précis.
Les élèves s’emparent de l’IA pour rechercher des expressions francophones de la colère.
[(La colère hors des frontières (recherche I.A.)
Québec
Être en beau fusil : « être très en colère, sur le point d’exploser ». / Être en beau joualvert : exprime une exaspération extrême. / Tabarnak ! : juron emblématique ; variantes plus douces comme tabarnouche, tabarouette / Crisse ! ou Calisse ! : autres jurons forts / Être choqué ou se choquer : « être fâché », « se mettre en colère ».
Suisse romande
Monter dans les tours : « s’énerver », « perdre patience ». / Faire la potte : « faire la tête », « bouder », « être de mauvaise humeur ». / Monter sur ses grands chevaux
Belgique
Nom di dju ! ou Dju ! / Être en rote : « être en colère, fâché ». (Expression familière) /
Avoir un œuf à peler avec quelqu’un : « avoir des comptes à régler », « être fâché contre quelqu’un ». /
Jouer avec les pieds de quelqu’un : « tester la patience de quelqu’un », ce qui peut mener à la colère.)]
Puis le professeur ajoute des expressions empruntées à l’Antiquité dont certaines ont déjà été étudiées en cours d’année.
– Exprimer sa colère
Les élèves sont invités à produire un discours de colère, réelle ou fictive, à la première personne en s’appropriant le vocabulaire abordé au cours de la séance et à l’enregistrer.
Il s’agit de respecter trois contraintes :
- affirmation et justification de l’état de colère ;
- ressenti (intensité, montée) ;
- expressions caractéristiques de la colère (interjections, jurons, …)
Dans un second temps, on fait retranscrire et résumer les enregistrements par l’IA. L’analyse montre que le locuteur en colère articule mal. Certaines compositions (sans fil directeur) sont difficiles à résumer par l’IA. La colère est alors peu efficace. En revanche, l’IA cerne bien les colères qui ont répondu aux critères : identification de la personne en colère, intensité de la colère, insultes et menaces.
**Séances 3 à 7 : l’expression de la colère en latin
Nous nous proposons d’explorer de façon méthodique l’expression de la colère en latin en procédant à un relevé progressif de l’expression syntaxique et lexicale de la colère à l’aide d’un corpus de textes variés : épopée et tragédie ; comédie ; roman ; interjections ; situations de combat.
Nous suivons pour ce faire, de séance en séance, et de genre en genre, un même protocole :
- identifier le genre littéraire et la situation d’énonciation (quels personnages sont présents et à qui s’adresse le personnage en colère) ;
- noter / relever la raison de la colère ;
- relever les éléments qui expriment la colère (le personnage, son comportement, ses gestes, ce qu’il dit…)
- s’interroger sur le rapport à la norme (niveau de langage et correction syntaxique).
SÉANCE 3 - La colère dans l’épopée et la tragédie
Objectif : observer la colère dans l’épopée et la tragédie, jouer (en langue française) à s’écarter de la norme.
En début de séance, est posée cette question : le personnage tragique dominé par la passion contrôle-t-il encore son langage ?
Les élèves pensent a priori que le langage tragique restera codifié (emphase, langue soutenue, métrique …) au détriment d’une expression spontanée de la colère.
– Observer des textes appartenant au genre de la tragédie et de l’épopée : relevé lexical et syntaxique.
Afficher la partie III de l’exemplier
Nous confrontons un extrait de l’Énéïde de Virgile IV, 362-383 (Cf. exemplier III-1) à un passage d’Horace de Corneille Acte IV, scène 5 (Cf. exemplier III-3). Dans les deux cas, nous retrouvons une femme en colère, Didon abandonnée par Enée et Camille qui reproche à son frère Horace d’être fier de sa victoire, d’être honoré par Rome alors qu’il vient de tuer son fiancé.
Chez Corneille, le repérage est rapide notamment grâce à l’étude du vocabulaire de la colère menée en séance 2 : Camille, qui se compare elle-même à une furie, insulte son frère en le qualifiant de barbare ou de tigre. Puis elle le maudit « Puissent tant de malheurs accompagner ta vie / Que tu tombes au point de me porter envie ! » Enfin c’est Rome tout entière qu’elle maudit en prononçant les célèbres verbes marqués par l’anaphore de Rome « Rome, l’unique objet de mon ressentiment » ; elle souhaite la destruction de la ville et de la civilisation entière puisqu’elle espère la mort du dernier des Romains.
De même, nous retrouvons ces constantes dans la bouche de Didon. Elle indique son état de colère Heu furiis incensa feror ! « Hélas ! je suis emportée par la fureur ! ». Elle qualifie Énée de barbare, précise qu’une tigresse d’Hyrcanie l’a nourrie. Elle le maudit en lui prédisant le pire destin : Dabis, improbe, pœnas. « Tu paieras, barbare, ton crime. ». Les élèves savent, pour avoir étudié l’extrait, que Didon maudira ensuite Rome.
Finalement, plusieurs termes et phrases sont sélectionnés ; nous observons la présence ponctuelle d’une colère réelle exprimée par des interjections, des interrogatives sans mot interrogatif et des propos violents dans les stichomythies.
– Jouer avec la langue - Activité 1
On propose ensuite un travail de réécriture avec la consigne suivante :
« Réécrivez la fin de l’extrait de Virgile dans un langage plus contemporain, loin du respect de la bienséance de la traduction de 1825. »
En voici deux exemples. On observe encore une certaine retenue ; aucun langage grossier.
« Je ne te retiens pas toi et ton idée stupide
va-t-en, je me fiche de toi / va te faire voir chez les Italiens
J’espère que ton bateau coulera et que tu seras puni de ce que tu as fait. »
Ou plus audacieux : « Tu vas payer, enfoiré, pour ce que tu m’as fait. »
Les élèves s’amusent et conviennent que cette langue n’est pas conforme à la tonalité tragique de Virgile, mais sans doute plus proche de ce qu’aurait prononcé Didon.
– Jouer avec la langue - Activité 2
Cette activité s’inspire d’une borne interactive de la Cité internationale de la langue française de Villers-Cotterêts. Le principe est le suivant : une même phrase est découpée en blocs, puis on fait tourner ces blocs de façon aléatoire pour obtenir la même phrase, mais exprimée dans des niveaux de langue ou des dialectes francophones différents.
Exemple :
Si tu te disputes encore / avec ton camarade / et que tu l’insultes / il va te frapper / et ce sera très / difficile / de supporter / tes lamentations.
On donne aux élèves la consigne suivante :
« Réécrivez deux répliques, de Camille et d’Horace, en jouant avec les niveaux de langage et les dialectes francophones. Puis enregistrez votre version pour sonoriser l’illustration proposée : gravure illustrant l’édition d’Horace (Théâtre de P. Corneille, 1764) - Gravelot. »
Propositions d’élèves
- La réplique retravaillée de Camille mêle essentiellement des registres de langue :
« Ainsi Rome / l’unique objet / de mon ressentiment »
Rome / le seul truc /qui m’fait capoter[…]
« Rome, enfin, que je hais parce qu’elle t’honore »
Rome en somme qui me pogne les nerfs, car elle est bleue de toi. - La réplique d’Horace privilégie le recours à différents dialectes francophones :
« Ô ciel ! qui vit jamais une pareille rage. »
Tabernak ! qui a tema un tel pétard
« Crois-tu donc que je sois insensible [à l’outrage] ? »
Penses-tu vraiment que je me balance d’une dinguerie pareille ?
[*Écouter la production finale page 1 :*] https://view.genially.com/67e53621198bcdb5802faf5e.
SÉANCE 3 bis - Prolongement de la séance 3
Objectif : compléter les relevés lexicaux et syntaxiques liés à l’expression de la colère tragique à l’aide de deux extraits des tragédies de Sénèque (Cf. exemplier III-2 et III-4)
Afficher la partie III de l’exemplier
Faute de temps, la séance 3 s’est prolongée une heure, la semaine suivante, afin notamment d’exploiter les textes de Sénèque.
[(Présentation du projet aux élèves
Nous n’avons pas de texte latin qui raconte l’épisode au cours duquel Septime Sévère montre sa colère contre son fils Caracalla. Votre mission de la semaine prochaine sera la suivante : en donner la version latine pour illustrer le tableau de Jean-Baptiste Greuze « L’Empereur Sévère reproche à Caracalla, son fils, d’avoir voulu l’assassiner, dit aussi : Septime Sévère et Caracalla. », 1769.
En prenant appui sur des phrases extraites des textes de Virgile (III-1) et Sénèque (III-2 et III-4), nous composerons ensemble le discours de Septime-Sévère en colère contre Caracalla.)]
– Travail préparatoire en amont de la séance
- Collectez des informations sur Caracalla https://odysseum.eduscol.education.fr/caracalla
- Lisez le texte disponible sur l’ENT Dion Cassius, Histoire romaine, LXXVI, 14, traduction E. Gros, 1867 [5].
– Choix des phrases à exploiter pour la réalisation de notre texte
Les phrases retenues ont donné lieu à des négociations argumentées entre les élèves. Caracalla a voulu tuer son père au moins une fois, selon Don Cassius, et il a souhaité hâter sa mort. On ignore quels expédients il avait envisagés, c’est pourquoi nous avons fait le choix de transposer la colère violente d’Electre à celle de Septime Sévère qui provoque son fils en lui proposant de l’assassiner à l’instar d’Electre face à Clytemnestre.
Nous précisons ci-dessous entre parenthèses le personnage auquel nous avons emprunté l’énoncé.
[(Résultat du travail d’écriture collective
Heu furiis incensus feror ! (Didon)
Hélas ! je suis emporté par la fureur
Edissere ubi sit natus. (Clytemnestre)
Dis-moi où est mon fils.
Non natus sed hostis parentis ante oculos adest ! (Clytemnestre)
Ce n’est pas un fils mais l’ennemi d’un parent qui se tient devant mes yeux !
Impium atque audax caput, quo more patris caedem cogitavis ? (Clytemnestre)
Tête impie et audacieuse, selon quelle coutume as-tu prémédité le meurtre de ton père ?
Effera, ignota, horrida, tremenda caelo pariter ac terris ac imperio toto mala ! (Médée)
Des projets affreux, inouïs, abominables, qui doivent épouvanter à la fois le ciel et la terre et l’empire tout entier !
Neque te teneo, neque consilia refello. (Didon)
Je ne te retiens pas, je ne combats pas tes projets.
Dummodo hac moriar manu. (Électre)
Soit, que je meurre de ta main.
Recedo ab imperio.
Je quitte le pouvoir,
Siue te iugulo iuuat mersisse ferrum,
si tu veux dans ma gorge plonger ton fer,
praebeo iugulum tibi,
voici ma gorge, je te l’offre,
seu more pecudum colla resecari placet
Et si trancher mon col comme au bétail t’agrée,
intenta ceruix uulnus expectat tuum,
Vois, ma nuque est tendue et n’attend que ta frappe !)]
[*Écouter la production finale page 2/audio rose :*] https://view.genially.com/67e53621198bcdb5802faf5e.
– Conclusion
Au terme de ce travail sur l’expression de la colère dans la tragédie et l’épopée, nous en avons conclu que la langue tragique obéit à des contraintes stylistiques et que l’auteur recherche l’exaltation de la passion (qu’il condamne) et de la vertu (qu’il valorise).
Nous observons tout de même des interjections, des interrogatives sans mot interrogatif et des propos violents, notamment dans les stichomythies.
SÉANCE 4 - La colère dans la comédie latine
Objectif : compléter les relevés lexicaux et syntaxiques liés à l’expression de la colère à l’aide d’extraits empruntés à des comédies de Térence et de Plaute (Cf. exemplier IV-1,2 et 3.)
Afficher la partie IV de l’exemplier
Nous espérons trouver une expression plus spontanée de la colère dans le théâtre comique de Plaute et de Térence, bien que nous ayons conscience que, cette fois, la volonté de faire rire puisse l’emporter sur la réalité de la langue.
– Observation d’extraits de comédie.
Nous observons dans le texte du Phormion, Térence, Acte II, scène 1 (Cf. exemplier IV-1), une insistance sur les pronoms personnels. Ce fait de langue est récurrent dans l’expression de la colère lorsque le personnage oppose sa situation à celle de celui contre qui il est colère (toujours désigné par une deuxième personne, alors que le destinataire de la colère pouvait être désigné par une troisième personne dans la tragédie). Nous relevons également des élisions ou apocopes comme egon pour egone, des interrogatives dépourvues de mot interrogatif…
Le deuxième texte, extrait de Persa, Plaute III, 3, 405-427 (Cf. exemplier IV-2), nous intéresse pour ses énumérations d’insultes et leur traduction.
Nous observons comment l’insulte est traduite par Florence Dupont : loin de la norme du XIXe siècle.
Par exemple :
- commixtum caeno sterculinum publicum « égout public rempli d’ordures »
- sterculinum publicum « tas de fumier (ordure) publique »,
- commixtum caeno « mélangé à de la boue », devient chez Florence Dupont « un dépotoir public mélangé de merde ».
La langue cherche à rendre compte de la force de l’insulte et de sa vulgarité.
Autre exemple d’appropriation
L’extrait de Casina, Plaute, II, 3,135-155 (Cf. exemplier IV-3), quant à lui, est travaillé en détail pour permettre un relevé précis de l’expression de la colère.
– Écrire / Réécrire
On retient comme support la fresque représentant « Médée s’apprêtant à tuer ses enfants », provenant de la villa des Dioscures à Pompéi, en taisant, pour commencer le titre de la fresque. Sortie de son contexte, elle pourrait parfaitement illustrer une scène de ménage inspirée du texte de Plaute.
On invite les élèves à sélectionner et adapter des extraits de comédie pour sonoriser la fresque.
[*Écouter la production finale page 3/audio bleu :*] https://view.genially.com/67e53621198bcdb5802faf5e
SÉANCE 5 - La colère dans le roman latin
Objectif : compléter les relevés lexicaux et syntaxiques liés à l’expression de la colère à l’aide d’un extrait du « Banquet de Trimalcion », Pétrone (74-75)
En séance 4, nous avons obtenu un texte satisfaisant, mais il conviendrait de se rapprocher d’une langue qui ne se préoccuperait ni des usages, ni des effets comiques. C’est pourquoi nous explorons la langue des affranchis dans le roman de Pétrone riche en discours directs. La scène de ménage entre Trimalcion et son épouse Fortunata est savoureuse.
Afficher la partie V de l’exemplier
– Observation de l’extrait du Banquet de Trimalcion (Cf. exemplier V)
Le texte étant plus long que les précédents, les élèves ont d’abord dû retrouver le texte latin correspondant aux passages en gras signalés dans la traduction. Puis nous avons reconstitué une traduction juxtalinéaire ensemble. Nous avons retrouvé des faits de langue déjà rencontrés dans d’autres genres littéraires comme l’usage des pronoms, l’interjection, l’insulte…
Enfin, nous avons observé plus en détail le passage, ce qui nous a conduits à de nouvelles observations peut-être symptomatiques de la colère :
- un discours peu ordonné, avec des « digressions » ;
- des termes exclamatifs en tête de phrase ;
- un verbe plus souvent en tête de phrase ;
- l’adverbe parfois utilisé comme une interjection.
– Finaliser le texte de sonorisation de la fresque
Le propos de la fresque est révélé aux élèves : « Médée s’apprêtant à tuer ses enfants » sous les yeux de son mari Jason. Cela amuse d’autant les élèves de pouvoir transformer cette situation tragique en un banal conflit conjugal. Ils complètent alors le texte produit en fin de séance 4 à la lumière des analyses conduites en séance 5 sur l’extrait de Pétrone mettant en scène la dispute entre Trimalcion et son épouse.
SÉANCE 6 - Les interjections de la colère
Objectif : compléter les relevés lexicaux et syntaxiques liés à l’expression de la colère à l’aide d’un extrait de l’Andria, Térence, scène 2, 192-205.
Afficher la partie VI de l’exemplier
– Observer des interjections dans un extrait de l’Andria (Cf. exemplier VI)
Les élèves étaient un peu submergés par l’ampleur du corpus jusque-là envisagé. Ils peinaient parfois à s’y retrouver, en particulier les élèves de seconde. J’ai donc proposé une sixième séance consacrée aux interjections, classe grammaticale peu étudiée finalement, et pourtant omniprésente dans la langue des personnages en colère.
Donat [6] commente les interjections de Térence et précise que l’interjection Hem, dont il relève 19 occurrences, est presque exclusivement employée par le senex iratus. Il en relève quelques occurrences chez le soldat.
L’interjection est utilisée aussi lorsque l’émotion est telle qu’aucun autre mot ne peut être prononcé.
– Réécrire la colère de Septime Sévère face à Caracalla
Les élèves s’engagent en complète autonomie dans une réécriture de la colère de Septime Sévère sans utiliser la langue tragique.
[*Écouter la production finale page 2/audio bleu :*] https://view.genially.com/67e53621198bcdb5802faf5e.
SÉANCE 7 - Faire la guerre avec des mots
Afficher la partie VII de l’exemplier
– Découvrir l’expression de la colère du soldat face à l’ennemi
Dans le texte homérique Iliade, I,223-228 (Cf. exemplier VII-1), nous retrouvons comme nous l’avions observé dans la comédie des termes provocants et insultants. Cette fois-ci, cependant, il ne s’agit plus de faire rire, mais de combattre.
L’échantillon de traductions montre toujours les précautions prises avec la norme. Les élèves retiennent « Sac à vin, œil de chien et cœur de cerf », sans bien comprendre la dernière insulte.
Chez Virgile, Énéïde XII, 887-951 (Cf. exemplier VII-2), nous retrouvons cette ardeur guerrière dans la bouche d’Énée avant qu’il n’engage le combat contre Turnus. Énée se moque des hésitations de Turnus. Nous relevons des interrogatives, l’apostrophe, et une abondance d’adverbes : Quae nunc deinde mora est ? Aut quid iam, Turne, retractas ?, ce à quoi Turnus répond : « Même pas peur, Barbare ! » comme l’ont résumé les élèves. Ce discours est familier aux élèves friands de jeux vidéos.
- Corpus de glandes plumbeae
Qu’en était-il sur les champs de bataille ?
Sur les glandes plumbeae, balles de frondes en forme de gland, on gravait les insultes à destination des ennemis, faute de pouvoir les proférer en face à face. Le corpus ci-dessous (Cf. exemplier VII-3) propose des insultes modérées, pourrait-on dire, comme « Lucius Antonius le chauve », mais aussi des insultes particulièrement triviales et salaces. La polysémie du mot glans « gland » lui-même, en latin comme en français, les favorise.
Cette fois, nous nous écartons de la norme, y compris dans la langue que nos élèves ont l’habitude d’étudier en classe.
– Prêter la voix aux soldats
Aux élèves alors de s’autoriser les écarts qu’ils souhaitent en prêtant leur voix aux personnages en colère du tableau de Jacques-Louis David, Les Sabines, 1799.
[*Écouter la production finale page 4 :*] https://view.genially.com/67e53621198bcdb5802faf5e.
Bilan
**Le projet avec les élèves
Nous avons pu, au cours de notre étude avec les élèves, relever un lexique et une syntaxe de la colère, sans pouvoir affirmer néanmoins qu’il s’agisse d’une expression authentique de cette émotion.
Il reste que les élèves ont pleinement adhéré au projet ; ils disent s’être beaucoup amusés tout en découvrant de nombreux textes. D’abord timides dans leur expression de la colère, ils ont in fine, de travail d’écriture en travail d’écriture, manié la syntaxe et le lexique latins de la colère avec aisance, bien plus qu’en langue française !
Pour le professeur, si cette pédagogie de projet nécessite un travail de préparation conséquent, elle s’avère tout à fait adaptée pour travailler avec un groupe multi-niveaux.
Et la démarche heuristique qui consiste à engager les élèves dans un questionnement dont le professeur ne connaît pas précisément la réponse est stimulante pour tous, puisque chacun est engagé de conserve dans un travail d’enquête ouvert.
Des exemples des réalisations écrites et mises en voix des élèves ont été rassemblés dans le Génially ci-dessous que nous mettons à votre disposition :
**L’atelier de la journée LCA 2025
Dans le cadre de l’atelier proposé aux professeurs lors de la Journée des LCA 2025, pour conclure la présentation du projet, les participants ont pu expérimenter la situation d’écriture dans laquelle ont été placés les élèves.
Deux tableaux supports pour se lancer dans l’écriture :
- Tableau A : Claude Lorrain, Le jugement de Pâris (1645-46), huile sur toile, 112,3 × 149,5 cm, National Gallery of Art, Washington. (détail)
La National Gallery de Washington utilise les appellations romaines : de gauche à droite, Pâris, Cupidon, Vénus, Junon, Minerve. - Tableau B : François Verdier, Junon en colère menace Io en présence de Jupiter, 1688, huile sur toile, 158x120cm, Versailles [Louvre - Collections]
Sont également mis à disposition plusieurs extraits liés aux épisodes mythologiques exploités par les peintres : - Jugement de Pâris : Hygin, Fables, 92, 1-4
- Junon en colère menace Io :
– Ovide, Métamorphoses, I, 601-609
– Jacques Charpentier, Les Amours de Jupiter et d’Io, 1718
Afficher la partie VIII de l’exemplier
Les participants sont invités à choisir un tableau, à s’emparer d’un personnage et à exprimer sa colère, en latin, bien sûr ! Des pads sont mis à leur disposition sur La Digitale, accessibles par QRcode pour un moment d’écriture collective et récréative : les répliques s’affichaient en direct.
Sources et ressources
**Références bibliographiques
– Torua Erinys : φαντασίαι de la colère et des Érinyes dans le De ira et les tragédies de Sénèque, Jean-Pierre AYGON, 2005, Université de Trieste.
https://www.openstarts.units.it/server/api/core/bitstreams/c1be9c9f-02fa-41bf-90ba-1607ea4449b0/content
– « Définition et profil des émotions latines par leurs manifestations littéraires », Caroline RICHARD, in Sciences du langage : enjeux théoriques et pratiques méthodologiques. Actes du colloque CEDIL22, 2024,
ff10.5281/zenodo.13623046ff. ffhal-04701290f.
https://hal.science/hal-04701290/document
– « Dissémination de colère dans le lexique français : un exercice sur les termes et les expressions d’émotions », Christian PLANTIN, Laboratoire ICAR, Université Lyon 2, 2018.
http://www.icar.cnrs.fr/membre/cplantin/wp-content/uploads/sites/107/2021/11/Dissémination-de-Colère-dans-le-lexique-français-un-exercice-sur-les-termes-et-les-expressions-démotion.pdf
– Fiche lexique et culture COLÈRE - Site éduscol
https://eduscol.education.fr/document/10988/download
– « Les gros mots une forme romaine de communication », Christian NICOLAS, in Parole, Media, pouvoir dans l’Occident romain. Hommages offerts au Professeur Guy Achard, MaryseLEDENTU, CEROR, Lyon 3, diffusion De Boccard, pp.23-38, 2007, collection du CRGR.
https://univ-lyon3.hal.science/hal-00327488/document
– « Faire la guerre avec des mots, l’exemple des glandes plumbeae », Benoît LEFEBVRE, in Dossier : Place aux objets !, Éditions de l’École des hautes études en sciences sociales, 2018, https://doi.org/10.4000/books.editionsehess.5682. https://books.openedition.org/editionsehess/5682?lang=fr
– Fiche Médée - Site Odysseum
https://odysseum.eduscol.education.fr/medee-magicienne-barbare-et-femme-trahie
– « Le jeu de la haine dans les comédies de Plaute », Claire FEUVRIER-PREVOTAT, p. 63-74, in Les discours de la haine, Récits et figures de la passion dans la Cité, Marc DELEPLACE (ed.), presses universitaires du Septentrion, 2009.
https://books.openedition.org/septentrion/40182?lang=fr
– « L’interjection dans un corpus d’auteurs latins », Joseph DENOOZ, 2005 ;
https://scispace.com/pdf/l-interjection-dans-un-corpus-d-auteurs-latins-2a8886vkcq.pdf
**Tableaux exploités au cours de la séquence
(tous n’ont pas été retenus)
– Honnet A.-R., Manlius Torquatus condamne son fils à mort, 1799, huile sur toile, Musée de l’École nationale supérieure des Beaux-Arts, Paris.
– Berthélemy J.-S., Manlius Torquatus condamnant son fils à mort, 1785, huile sur toile, Musée des Beaux-Arts, Tours.
– Gravelot, Illustration pour Horace (Théâtre de P. Corneille, 1764), gravure sur cuivre, Memorial Library, Madison Wisconsin.
– Médée s’apprêtant à tuer ses enfants, fresque, Pompéi, Villa des Dioscures, entre 62 et 79 ap. J.-C., Musée nationale archéologique, Naples.
– Greuze J.-B., Septime-Sévère et Caracalla, 1769, peinture, Musée du Louvre, Paris.
– Verdier F., Junon en colère menace Io en présence de Jupiter, 1688, peinture sur toile, Château de Versailles.
– Lorrain Cl., Jugement de Pâris, 1645-46, huile sur toile, National Gallery, Washington.
– David J.-L., Les Sabines, 1799, huile sur toile, Musée du Louvre, Paris.
– Botticelli S., La Calomnie d’Apelle (La Calunnia di Apelle), 1945, tempera sur bois, Galerie des Offices, Florence.
– Callot J., La colère, (Les péchés capitaux), 1592-1635, gravure, BNF, Paris.







