Troisième rencontre des Lettres et Cultures de l’Antiquité d’Antony

Dans le prolongement des animations de bassin conduites par le groupe ressources LCA, les professeurs de lettres classiques des collèges et lycée de la commune d’Antony ont organisé, dans la perspective de la liaison collège / lycée un événement collégial pour rassembler les élèves latinistes et hellénistes de la 5e à la terminale : journée « La Legio VIII Augusta à Antony », samedi 11 octobre 2025.

Source du logo : By Christophe Jacquand - Own work, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=75531268

Collège Lycée LCA Culture humaniste

Mis à jour le mardi 6 janvier 2026 , par BERNOLLE Marie-Anne, Chargée de mission pour l’Inspection de Lettres

Une légion romaine à Antony !

Plus de 250 collégiens et lycéens d’Antony, tous latinistes ou hellénistes, se sont retrouvés au lycée Descartes d’Antony le samedi 11 octobre 2025 [1] Les lieux ont été investis par l’équipe de la Legio VIII Augusta, groupe de reconstitution de l’armée romaine spécialisée sur la période flavienne, composé de spécialistes et de passionnés de l’histoire vivante et de la reconstitution historique [2]. La Legio VIII Augusta fait partie d’Human-Hist, association d’intérêt général, conventionnée par la ville d’Autun (71), et accréditée pour l’Unesco. Elle est reconnue auprès du ministère de l’Éducation nationale.



Les ateliers

Au programme, une dizaine d’ateliers permettant aux élèves de tous niveaux, de la cinquième à la terminale, de découvrir différents aspects de la culture romaine.
À l’aide d’artefacts fabriqués à l’identique, d’après l’iconographie ou les sources historiques, les animateurs - en tenue d’époque ! - ont ainsi fait revivre une antiquité concrète, vivante et interactive.


  • Les thermes
    L’activité centrale dans la journée d’un Romain, c’est d’aller aux thermes. À partir d’artefacts, de témoignages écrits, de photos de mosaïque ou de sites, les élèves sont invités à se représenter ce à quoi pouvaient bien ressembler les bains publics, des plus modestes aux plus somptueux, construits sous l’empire, et quelles activités y étaient proposées, pas seulement les bains eux-mêmes, mais aussi les massages, l’épilation, la gymnastique etc.




    Également vécus comme des lieux de socialisation ou de rencontres, les thermes demeurent pittoresques. Les élèves sont invités à lire quelques témoignages d’écrivains comme Pline-le-Jeune ou Sénèque qui ont su saisir l’ambiance et notamment le bruit infernal pouvant régner dans les bains…

  • Le médecin
    La médecine romaine profite de l’héritage de la médecine grecque. Les élèves peuvent observer une collection d’instruments chirurgicaux, questionner l’animateur sur les types d’opérations pratiquées, les types de remèdes existants, les pathologies les plus répandues. Ils saisissent à la fois l’étendue des connaissances et des savoir-faire des Romains, notamment en chirurgie, mais aussi les limites de cette discipline souvent empirique qui ne connait ni l’anesthésie ni l’asepsie.



  • Le légionnaire
    Entièrement revêtu d’une cotte de maille et de tous les équipements du légionnaire reproduits à l’identique et dans les matériaux d’origine, le centurion Augustinus accueille les élèves et répond à toutes leurs questions : sur le poids des différents équipements, sur les particularités techniques des différents boucliers, sur l’entraînement physique qui permet à une légion de se déplacer rapidement, sur la logistique impressionnante qui entoure une légion opérationnelle, notamment pour ce qui est du ravitaillement. Les élèves comprennent aussi l’intérêt de l’archéologie expérimentale, qui doit tester en condition réelles les équipements, et compléter ce que les textes ou l’archéologie traditionnelle ne disent pas toujours : par exemple, la manière de tenir un bouclier, de se déplacer etc.



  • Les graffitis
    Human-Hist compte parmi ses membres de véritables spécialistes. C’est le cas d’Annette Sanchez, qui a consacré une partie de sa vie à recenser, analyser et publier les innombrables « graffitis » trouvés sur les murs des cités romaines, en particulier ceux de Pompéi.




    Grâce à un dispositif original qui reproduit sur une grande toile tendue une sélection de graffitis particulièrement évocateurs de la vie quotidienne des habitants, les élèves comprennent peu à peu que les murs de la ville constituaient un support d’expression privilégié, véritable ancêtre de nos réseaux sociaux, où l’expression amoureuse rejoint la propagande politique, où le règlement de compte de voisinage côtoie le poème inspiré.



  • L’ingénieur
    Véritable caverne d’Ali-Baba !




    Le stand de l’ingénieur émerveille par la précision et la qualité de reproduction des objets présentés, comme la clepsydre (horloge à eau) ou la groma (ancêtre de l’équerre d’arpenteur permettant de tracer des voies perpendiculaires).

    Les élèves sont invités à deviner la fonction de tel ou tel objet, à les comparer aux outils actuels et à mieux comprendre comment les Romains sont devenus des ingénieurs experts capables de réaliser les constructions les plus monumentales.

  • Mode et beauté
    Comment être une Romaine à la mode ? Telle est la question à laquelle notre spécialiste tente de répondre : de la fabrication des parfums, des onguents, à l’art de la parure, les élèves peuvent voir de près une reproduction saisissante de la plupart des objets, bijoux ou ornements que l’archéologie a pu exhumer. En contrepoint se dessine aussi les codes d’une société qui se voulait raffinée et très sensible à l’art de plaire et de séduire. La coquetterie n’était pas sans risque puisque l’analyse des crèmes que les femmes appliquaient sur leur peau a révélé des composants très toxiques pour l’organisme et responsables de nombreuses lésions.



Parlons latin ou grec !

Un des temps forts de la journée a été la pratique du latin et du grec ancien comme langue vivante. Ces ateliers, les deux seuls en intérieur, sont animés par deux enseignants passionnés qui ont développé depuis des années une pédagogie originale fondée sur la pratique vivante des langues anciennes. À travers le déchiffrage d’un mur de graffitis ou au sein de deux ateliers de langues, cette approche originale des langues anciennes a permis aux élèves de s’approprier des tournures de phrases et du vocabulaire au service d’un échange oral immédiat, complémentaire aux apprentissages de classe.
Intuitive, oralisée, interactive, cette approche a permis aux latinistes de s’initier rapidement au grec ancien : repérage et appropriation de l’alphabet par la graphie, tournures idiomatiques permettant de se présenter en quelques mots, les élèves disposent de fiches d’activités associant dessin et photo au texte et au mot.
Un procédé analogue est proposé en langue latine. Loin du cours magistral, les élèves, qui selon les âges ont des niveaux très variables (de la cinquième à la terminale !), travaillent en duo ou en petits groupes, développant ainsi l’autonomie et favorisant la progression individuelle, avant une restitution collective.

Aux manœuvres !

La part belle a été faite à l’art de la guerre, avec l’équipement d’un légionnaire et la présentation de sa vie au quotidien.
Clou de la journée, une initiation aux manœuvres : par groupe de dix et tous équipés d’un bouclier, les jeunes recrues devaient former la ligne, suivre les directives (en latin évidemment !) pour former la fameuse « tortue »,




et coordonner une attaque. Succès garanti !



Le projet

Cette initiative, soutenue par l’Inspection académique, a été portée par les professeurs de Lettres classiques de la ville d’Antony depuis deux ans, et poursuit 3 objectifs :

  • valoriser l’enseignement des langues anciennes en leur donnant de la visibilité,
  • construire des projets collectifs par des rencontres inter établissements
  • favoriser la liaison collège-lycée afin de promouvoir le latin et le grec, enseignements optionnels proposés au lycée et évalués par le contrôle continu pour le baccalauréat : Comment ? Avec la projection d’un film en lien avec l’antiquité (Bis Repetita), l’organisation de défis par équipe (sous forme de défis quizz ou de performances comme la lecture à haute voix, le mime etc.) ou approche de l’archéologie expérimentale avec Legio VIII, toutes les initiatives sont bonnes !

La bonne humeur et l’enthousiasme de tous les participants ont fait de cette Troisième rencontre des Lettres et cultures de l’Antiquité d’Antony, une réussite, comme en témoigne le très bon taux de participation pour des activités se déroulant un samedi !

Contacts :
 Le site internet de legio VIII : https://leg8.fr
 Et pour en savoir plus sur nos rencontres L.C.A. à Antony : marc.delville@ac-versailles.fr


[1Ce projet a été co-financé par les établissements participants, sur les fonds du Pass Culture.

Dans la même rubrique