La place de l’évaluation dans le développement des compétences des élèves allophones
Les élèves allophones ont un parcours scolaire antérieur de niveau équivalent dans leur pays d’origine, mais effectué dans une autre langue que le français, sauf dans le cas d’élèves non scolarisés antérieurement (NSA). Le défi pour eux est multiple : ils doivent non seulement acquérir rapidement un niveau de maîtrise de la langue française de scolarisation, permettant de suivre l’ensemble des enseignements du cursus ordinaire, mais aussi s’adapter à un autre système scolaire et progresser dans l’acquisition des exigences du socle commun de connaissances, de compétences et de culture.
Le choix des compétences à évaluer, les modalités de passation, la transmission des résultats aux familles constituent donc des enjeux majeurs.
Comment mettre en place une évaluation positive et progressive qui prenne en compte les progrès des élèves allophones en langue de scolarisation, tout en développant leur autonomie dans les apprentissages ?
Conseils pour adapter l’évaluation dans le cas des élèves allophones
Mettre en place un étayage est nécessaire pour adapter ou différencier l’évaluation afin de mettre en confiance les élèves allophones et de favoriser leur réussite. Les progrès effectués doivent permettre aux professeurs de réduire, puis de supprimer, les différents aménagements d’abord mis en place. Plusieurs modalités de différenciation sont ainsi proposées. Il importe néanmoins que les élèves allophones puissent aussi se situer par rapport aux attendus du niveau dans lequel ils sont scolarisés.
Adaptations de l’évaluation : de la préparation à la remédiation
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Adaptations en fonction des compétences évaluées
Points de vigilance : comment évaluer ou comment noter ?
- Valoriser les connaissances et compétences acquises antérieurement dans une autre langue que le français
- Valoriser le travail personnel des élèves allophones et les progrès effectués
- Utiliser un outil qui rende visibles les progrès et l’évolution du travail, comme une courbe de progrès ou un portfolio qui recueille des productions
- Pratiquer le plus fréquemment possible l’évaluation informelle et invisible (feedbacks oraux, annotations écrites)
- Faire l’effort de comprendre la pensée que les élèves allophones ont voulu exprimer sans se focaliser sur les erreurs linguistiques saillantes
- Évaluer de manière positive : observer les réussites, par exemple les connaissances disciplinaires acquises, et leur accorder des points plutôt qu’en ôter dans une logique soustractive
- Donner le droit à l’essai : certaines évaluations sont notées partiellement, ou ne le sont pas ; certaines notes ne sont pas comptabilisées dans la moyenne ; l’intégralité de la copie n’est pas notée ; les questions incomprises ne sont pas évaluées
- Informer régulièrement les élèves et les familles : présenter les modalités de l’évaluation, les progrès, ce qu’il reste à acquérir
- Sur les copies ou à l’oral, formuler des appréciations incitatives, orientées vers l’action (ce qu’il faut faire)
- Sur les bulletins, proscrire les jugements de la personne, éviter les formules laconiques qui pénalisent les élèves allophones surtout au moment de l’orientation
- Dans le livret scolaire et le bulletin, préciser toute spécificité permettant de nuancer la moyenne obtenue par un élève allophone, ou une modalité particulière d’évaluation liée à la maitrise de la langue de scolarisation [3]
Pour aller plus loin
- MENDONÇA DIAS Catherine, « Évaluer un élève allophone : trouver l’équité », dans Castincaud F. et Zakhartchouk J.-M. (coord.), L’évaluation, plus juste et plus efficace : comment faire ?, Canopé Éditions, coll. Repères pour Agir, 2014, p. 135-139.
- RAVEL Magali, « Évaluer n’est pas forcément noter : l’évaluation des élèves nouvellement arrivés », Les Cahiers de l’ASDIFLE, mars 2011, n°23, p.73-77.
- Évaluer dans le second degré (rubrique ENEA) : https://casnav.ac-creteil.fr/spip.php?rubrique268

