Lettre de rentrée 2020

, par Inspection pédagogique régionale de Lettres

En complément de cette lettre de rentrée :
- Répartition des bassins
- Actualités de la discipline
- Formation

Versailles, le 3 septembre 2020

Mesdames et Messieurs les Professeurs, chères et chers collègues,

Nous vous retrouvons avec plaisir après un été qui vous aura permis, nous l’espérons, de prendre du repos, et de vous évader. L’année scolaire passée a été éprouvante à plus d’un titre : nous tenons à saluer votre engagement sans faille auprès des élèves et de leurs familles, votre inventivité, également, qui a permis de relever les défis suscités par la crise pandémique et l’enseignement à distance.

Nous retrouvons, en cette rentrée si particulière, des élèves qui, pour beaucoup, ne regagnent qu’aujourd’hui le chemin du collège ou du lycée. Certains auront traversé les mois passés, accompagnés et avec le sentiment d’avoir appris ; pour d’autres, au contraire, la relation avec l’école s’est distendue et, parfois, rompue.
Face à la diversité des situations possibles, cette lettre se propose de vous accompagner sur deux points forts :

  • la passation des tests nationaux en 6ème et en 2nde ;
  • Les priorités pédagogiques pour ce premier trimestre et leurs mises en œuvre possibles.
    Des informations plus ponctuelles (programmes limitatifs, modifications EAF, informations formations initiale, continue, continuée) sont disponibles sur notre site disciplinaire : https://lettres.ac-versailles.fr/

Préambule commun à toutes les disciplines

Dans le contexte de cette rentrée scolaire 2020, les corps d’inspection se mobilisent à vos côtés. Ils vous conseillent sur l’accompagnement des élèves, dans la construction et la consolidation de leur parcours de formation. Ils partagent avec vous les réflexions didactiques et pédagogiques du quotidien, collectivement et individuellement.
En complément des animations pédagogiques organisées, les corps d’inspection vous proposent des ressources disciplinaires et transversales régulièrement enrichies, disponibles sur les sites disciplinaires https://lettres.ac-versailles.fr/ et sur Ariane en ligne https://ariane.ac-versailles.fr/pia/jcms/s2_5688626/fr/continuite-pedagogique-dans-le-second-degre, un vade-mecum évolutif / dynamique de l’accompagnement des équipes du second degré, ainsi qu’un accompagnement de proximité des établissements et des équipes pour les collèges et les lycées qui, en raison de l’évolution de la situation sanitaire, mettraient en place un enseignement à distance.

En cette rentrée, nous souhaitons mettre en avant trois priorités :

  • diagnostiquer les besoins des élèves et personnaliser leur accompagnement
  • Encourager et valoriser l’engagement des élèves
  • Penser ensemble des approches pédagogiques en présentiels, à distance ou de façon hybride, dans une logique de complémentarité.

Diagnostiquer les besoins des élèves et personnaliser leur accompagnement

Dès la rentrée et au fil des apprentissages, il est indispensable d’identifier les besoins de nos élèves, de les aider à évaluer et à verbaliser leurs acquis afin de repérer avec eux des axes de consolidation et de progrès.
Il s’agit de vous accompagner dans la prise en compte de l’hétérogénéité des acquis et des profils des élèves, d’échanger et de partager des pistes permettant de personnaliser les parcours de formation dans le cadre des programmes. Il s’agit de développer avec vous un travail collaboratif afin de consolider et renforcer les actes d’enseignement du quotidien, en mettant notamment l’accent sur l’observation des élèves et du groupe, et sur toutes les formes d’évaluation, comme levier des apprentissages.

Encourager et valoriser l’engagement des élèves

Partager les valeurs de la république et éduquer les élèves au respect d’autrui constitue un objectif prioritaire pour tous les acteurs de la communauté éducative. Chacun de ses membres concourt pleinement au quotidien dans son activité, dans et hors la classe, à la lutte contre toutes les formes de discrimination et de harcèlement.
L’éducation au développement durable est un enjeu majeur pour notre École. Elle s’inscrit dans la mise en œuvre d’une démocratie scolaire, qui permet aux élèves de connaître et comprendre pour agir et s’engager au sein de leur établissement et bien au-delà.
L’académie propose cette année des master-classes mensuelles destinées aux élèves et aux équipes ; la première d’entre elles aura lieu le 23 septembre sur le thème de l’éducation au développement durable.

Penser ensemble des approches pédagogiques en présentiel, à distance ou de façon hybride, dans une logique de complémentarité

Dès la rentrée et au cœur de la classe, le renforcement des compétences numériques chez les élèves est essentiel pour favoriser leur autonomie d’apprentissage.
Dans cette perspective et dans le prolongement de la dernière année scolaire, des webinaires académiques dédiés à la mise en œuvre d’un enseignement hybride ainsi que des ateliers de conception de ressources sont proposées, avec une double déclinaison académique et territoriale.

La classe de terminale évolue dans le cadre du nouveau lycée général et technologique. L’année 2021 verra la mise en œuvre du grand oral constituant un jalon important du parcours de formation des élèves. Les compétences orales doivent donc, plus que jamais, faire partie intégrante des projets et pratiques pédagogiques de chaque discipline et constituer un axe fort du travail interdisciplinaire. Nous vous informons d’ores et déjà que la master classe du 14 octobre 2020 leur sera consacrée.
Cette responsabilité partagée concerne également l’accompagnement de l’élève dans la construction de son parcours et de son projet d’orientation ; chaque enseignant y concourt au cœur de sa discipline. Les master-classes du 18 novembre et du 13 janvier porteront sur la thématique de l’orientation et de Parcoursup.

Le cours de lettres en septembre : évaluations, priorités pédagogiques et mises en oeuvre possible

Évaluations et tests de positionnement en 6ème et en 2nde

Dans le contexte spécifique de la rentrée, le calendrier de passation des tests de positionnement a été avancé à la période du 14 septembre au 02 octobre 2020. Ces tests ne se substituent pas au regard fin du professeur et des situations de travail qu’il ou elle aura mises en œuvre pour faire le point sur les acquis des élèves. En 6ème, il sera possible d’évaluer la compréhension des textes longs et d’y associer un test de fluence. En 2nde, la structure de l’évaluation reste inchangée.
Pour une présentation des tests et des outils de remédiation :

Afin d’accompagner les professeurs de collège dans l’exploitation de ce test de positionnement, nous vous proposerons :

  • Trois conférences à distance, la première le 16 septembre, par Claudie PERET, Maîtresse de conférences en sciences du langage à l’université de Cergy-Pontoise, intitulée « Lire et comprendre : redonner du sens à l’écrit » ;
  • Des réunions en bassin suivront à partir fin septembre – début octobre afin de réfléchir collectivement à des démarches pédagogiques concertées et porteuses, notamment s’agissant de l’AP.

Priorités pédagogiques et propositions de travail possibles

Le cours de français construit et consolide avant tout les compétences de lecture, d’expression, écrite ou orale, ainsi que le socle littéraire et culturel des élèves, en jouant sur l’itération et la variation de situations de travail, conçues librement par les professeurs. La reprise en septembre en Lettres appelle à concevoir une progression spiralaire de façon à revenir sur les acquis tout en entrant dans le programme (objet d’étude, exercices écrits, langue).

Les temps d’enseignement qui structurent la progression pédagogique annuelle (qu’ils soient nommés séquences, chapitres, plans de travail, ou projets…) prennent certes appui sur des entrées ou des objets d’étude figurant dans les programmes, liés à des genres et des périodes historiques donnés et des notions grammaticales ; toutefois, l’essentiel de la dynamique de travail demeure bien fondé sur :

  • la variété et la « résistance » graduée et graduelle des corpus de textes, qui développent les compétences de compréhension et d’interprétation, aidées par des activités qui font travailler l’aptitude à faire des inférences, à tisser des liens… ;
  • la variété, la fréquence et l’amplitude des travaux d’écriture (de l’écriture au long cours aux écrits de travail ponctuels), qui exercent les compétences d’écriture ;
  • la lecture à voix haute comme l’oral en continu, qui permet de restituer, d’exposer, d’argumenter ;
  • la réflexion linguistique sur des corpus, des phrases ambigües, des faits de langue saillants et des dynamiques d’interrogation, de manipulation, de mise en jeu de la langue pour se concentrer sur les soubassements linguistiques (la subordination, la détermination…) plutôt que de fragmenter et disperser les savoirs en une suite de leçons non corrélées.

Priorités pédagogiques en détail

Cycle 3

Pour fixer les priorités pédagogiques de l’entrée en sixième (fin du cycle 3), on tiendra compte des spécificités du cycle 3.
Ce dernier a pour objectif de consolider les apprentissages fondamentaux. La 6e est la dernière année du cycle 3 qui doit permettre la stabilisation et l’affermissement des compétences fondamentales que sont lire, écrire, interagir à l’oral, s’approprier une culture littéraire et artistique.

Dans ce cadre, on préférera le principe d’une priorisation des apprentissages - à partir d’une évaluation fine des acquis des élèves - à celui d’un allègement des programmes.

À l’entrée en sixième, les priorités sont :

  • le travail des compétences fondamentales pour comprendre et s’exprimer ;
  • la construction d’un rapport à la littérature, à la langue, aux arts qui constituent la spécificité de la discipline.

L’une des spécificités du cycle 3 réside dans l’apprentissage continué, progressif, des compétences de lecture et d’écriture, qui passe simultanément par la construction du sens et par la maîtrise de compétences plus techniques (fluence pour la lecture, maîtrise du geste graphique pour l’écriture). Dans le contexte actuel d’une scolarisation hybride ou à distance qui n’a pas permis aux enseignants du 1er degré, à partir de mars 2019, de s’assurer de la fréquence des activités de lecture et d’écriture, on veillera tout particulièrement en début de 6e à évaluer, et à renforcer le cas échéant, la maîtrise de ces compétences plus techniques en lien avec le travail de compréhension et d’expression écrite.

Cycle 4

Dès le début de l’année, il est utile d’établir un diagnostic par l’observation dans le cours du travail ordinaire, sans multiplier des évaluations stressantes pour les élèves et inutiles car elles ne permettent pas de les situer précisément dans leurs apprentissages.

  • En cinquième :
    Il s’agirait prioritairement d’identifier les élèves qui n’auraient pas validé le palier 3 du socle ou présenteraient des compétences très fragiles (compréhension en lecture, conscience de la phrase simple et de ses principaux constituants, notamment le verbe, capacité à rédiger un petit texte cohérent) afin de prévoir pour eux un programme d’accompagnement personnalisé spécifique au moins en début d‘année, de différencier certaines propositions du cours ordinaire, d’alerter le reste de l’équipe et le coordonnateur “devoirs faits”.
  • En quatrième et en troisième :
    Il s’agirait prioritairement d’identifier les élèves « décrochés » que leur fragilité disciplinaire et l’expérience d’une longue période loin de l’école ont conduit à rompre avec les habitudes scolaires et le goût d’apprendre. Pour ce public, les objectifs prioritaires peuvent être les mêmes que précédemment avec des corpus différents ; l’oral constitue un point d’appui incontournable pour l’inclusion de ces élèves pour la compréhension des textes, notamment par des activités de reformulation, pour l’appréhension d’une démarche argumentative, pour l’affirmation de soi. Pour ces élèves, la différenciation est essentielle mais doit toujours s’inscrire dans le cadre des projets littéraires et culturels de la classe.

Seconde

Le cours de lettres met en œuvre des situations de travail pleines et entières autour des quatre pôles (parler, lire, écrire, étudier la langue) qui forment le creuset de notre discipline.

Ces situations de travail doivent permettre de :

  • assurer un accompagnement qui permet aux professeurs de repérer de façon fine ce que l’élève sait faire, sans passer par des évaluations de contrôle standardisées ;
  • faire le point sur ce que l’élève repère comme notions (la langue, les genres littéraires, des scansions sommaires dans l’histoire littéraire) nécessaires à la réussite en 2nde ;
  • ré-instituer un rythme de travail progressif, qui procède par séquences compactes, de durée (5h/10h/15h) et de complexité croissantes, ouvrant des chantiers d’écriture inventifs, dont l’accompagnement peut susciter échanges oraux et ateliers de langue pour réviser les textes ;
  • favoriser de façon systématique le travail collaboratif, particulièrement en dehors du cours, en mobilisant les habitudes et les outils qui ont pu être développés pendant le confinement.

En langue
On privilégiera l’étude du verbe envisagé dans les chaînes d’accord avec son sujet et du point de vue de sa morphologie ainsi que de ses valeurs temporelles. L’étude des valeurs aspectuelles et modales pourra se faire plus tard dans l’année. On privilégiera une approche de la phrase (simple/complexe) de manière à faire apparaître la distinction entre juxtaposition, coordination et subordination. A l’occasion de textes relevant de la littérature d’idées, on verra les rapports logiques d’antériorité et de postériorité, de cause et de conséquence. La catégorisation des différentes subordonnées n’interviendra que dans un second temps.

En littérature
On procédera à une approche globale des genres littéraires (repérage, caractéristiques, inscription dans le temps, réception) en privilégiant la littérature du XIXème à nos jours et en favorisant des œuvres antérieures mais d’accès facile aux élèves, à croiser avec des questions morales et philosophiques qui résonnent aisément auprès des classes. La lecture savante de type analytique ou l’explication linéaire est à déplacer dans la seconde partie de l’année ; on privilégiera des approches plus cursives de manière à exercer compréhension, interprétation et aptitude à faire des liens.

La préparation, notamment méthodologique, aux formats de l’examen de 1ère est à différer à la fin de l’année de 2nde. On privilégiera toutes les situations de travail qui engagent les élèves à commenter, argumenter et synthétiser. On les accompagnera dans le repérage des grandes caractéristiques de ces actes cognitifs fondamentaux pour réussir au lycée.

Première

En première, comme en seconde, le travail scolaire en lettres - conversation littéraire, exploration linguistique, partage des livres, débat d’idées, expériences de l’écrit - dans sa régularité, son approfondissement, son appétence, ont été totalement revisités à distance ou malheureusement parfois n’ont plus eu cours pendant plusieurs mois.
Il s’agit donc de recréer les conditions d’une rencontre avec les Lettres, d’une envie pour notre discipline, tout autant que d’initier une logique de l’effort retrouvé, d’une forme de constance alliée au plaisir et au jeu, de prendre ce temps sans l’isoler du travail qui sera mené autour du programme d’œuvres, du travail des compétences attendues lors des épreuves anticipées.
L’enjeu de ce premier temps relève de l’étayage, du renforcement, de l’accompagnement collectif et individuel puisque l’hétérogénéité sera décuplée à la rentrée en termes d’acquis et de motivation. Le travail collaboratif, les pratiques de tutorat seront donc à encourager et on peut aussi envisager des heures d’accompagnement personnalisé à flécher.
La perspective des épreuves anticipées invite toujours en Première à une programmation attentive à l’accompagnement, à la maturation des élèves et à une gestion du temps rigoureuse pour traiter le programme. À ce double enjeu bien connu, s’ajoute cette année la nécessité d’instaurer un temps qui permette aux élèves de retrouver la discipline, de repérer leurs acquis, leurs références, de faire le point, et aux professeurs d’observer les élèves au fil du travail pour cerner les besoins et adapter leur progression. L’approche des exercices de l’écrit aura nécessairement été partielle en Seconde.

Des propositions de travail spécifiques pour cette première période : septembre - octobre

Cycle 3

Pour la première période de l’année de sixième, les professeurs pourraient être invités à travailler par courts projets, c’est-à-dire par périodes limitées dans le temps (5 à 10 heures en présentiel ou en distanciel) autour d’un objet d’étude cohérent et de compétences précises, distinguées comme partiellement acquises lors de l’évaluation formative. Il s’agit, après une longue période sans école, d’accrocher ou raccrocher les élèves en adaptant les apprentissages à leurs besoins et en réactivant les compétences de lecture, d’écriture, d’oral et de langue.

Lecture
Pendant cette première période, on peut faire de la classe un espace proche du salon littéraire qui permet de dénouer la parole, en créant un lieu rassurant et empathique d’échanges et de liberté, autour d’enjeux importants pour les élèves et propices au travail des compétences fondamentales de compréhension et d’expression, mais aussi des compétences sociales. C’est ce cadre qui permettra d’évaluer formativement, au fil de l’eau, sans stigmatiser ou mettre les élèves en position d’échec face à des contrôles.

Quelques principes pour penser la remédiation ou la consolidation des compétences de lecture :

  • Favoriser le travail de compréhension en privilégiant la lecture d’œuvres complètes même très courtes (contes, nouvelles, albums, littératures française, antique ou étrangère dans une traduction accessible, etc.), pour soutenir la construction du sens au fil du texte.
  • Pour développer les compétences de compréhension, par exemple :
    > pratiquer la lecture par « dévoilement progressif » ;
    > proposer aux élèves de rapprocher textes et images en justifiant leurs choix ;
    > discuter, débattre, négocier les nœuds de sens ;
    > lire en réseaux d’autres textes ayant des scénarios proches ;
    > pratiquer l’écriture ou l’oral d’intervention, d’explicitation, de commentaire, de synthèse ;
    > proposer systématiquement des relances ouvertes.
  • Pour le choix des corpus :
    > alterner les univers de références des textes (en fonction de leur proximité/éloignement avec l’expérience du confinement et l’univers de références des élèves) ;
    > offrir des textes de plus en plus résistants en fonction de la progression des élèves.
  • Ménager des temps de lecture, quotidiens, conséquents, selon des modalités adaptées aux élèves (lecture offerte, lecture et/ou relecture silencieuse, lecture à voix haute préparée, enregistrements audio ou vidéo) qui permettent de travailler et évaluer tout à la fois le déchiffrage, la compréhension et la fluence.

Écriture

  • Mettre l’accent sur la graphie (compétence probablement la moins travaillée depuis le début du confinement) à travers la régularité des activités d’écriture ;
  • Privilégier un recours quotidien à des types d’écrits variés (créatif, narratif, réflexif) pour travailler les compétences d’écriture ou d’autres compétences (dans le cadre de l’exercice de la compréhension par exemple).

Étude de la langue

  • En début d’année, l’étude de la langue se travaille à l’occasion des activités d’expression écrite et orale. On privilégie un enseignement explicite du fonctionnement et des usages de la langue pour réviser les énoncés produits.
  • Par exemple, en grammaire, la délimitation des phrases, l’identification du verbe ; en orthographe, réviser les accords sujet-verbe, en les reliant au sens du texte.

Oral
À partir du travail de la compréhension des textes, des échanges sur le sens :

  • privilégier le travail de l’oral en interaction (écoute, prise en compte de la parole d’autrui, réponse organisée, intelligible) dans le respect des règles de sociabilité ;
  • étendre progressivement le temps de prise de parole vers l’oral en continu par des séquences d’écoute-préparation-restitution plus fréquentes.

Cycle 4

Les mêmes principes peuvent s’appliquer au cycle 4 où il s’agira de privilégier, en début d’année, un travail par courtes séquences d’une à deux semaines sans révisions préliminaires « décrochées » ou vérifications de connaissances a priori. Ces mini-projets visent à entrer dans le travail et retrouver la discipline, à exercer les grandes compétences, à découvrir les thématiques du programme et renouer avec la réflexion sur la langue. Ils s’appuient sur des corpus succincts composés de textes assez courts et d’images ou d’un texte long, une petite nouvelle par exemple. Ils visent à créer des liens avec ce qui a été fait l’année précédente à partir d’une figure, le héros par exemple, d’un genre, d’un motif, d’une question de langue…. Ils sont conçus également comme une première approche des thématiques qui seront traitées ensuite sous la forme de séquences plus amples. Le principe du croisement sous le prisme d’un motif, d’une visée assurant la cohérence du projet facilite la conception et place les élèves dans une dynamique de remémoration, de découverte et d’appropriation.

Accorder une large place à l’oral : l’interaction favorise l’implication de chacun et la création d’un collectif, l’oral en continu notamment sous la forme de lectures à voix haute par le professeur et les élèves facilite la compréhension et offre une occasion aisée de diagnostic. Pour toutes les compétences et toutes les activités proposées, la verbalisation, la reformulation favorisent la compréhension et la réflexion. L’oral, dans le cadre par exemple d’un corpus théâtral permet d’aborder des thématiques liées au confinement, sans le risque de la dysphorie (quelle mise en scène est / aurait été possible ? comment les conflits familiaux se résolvent par la parole ?)

Privilégier les situations de travail favorisant la collaboration en classe et hors la classe en mobilisant les habitudes et outils qui ont pu être utilisés pendant le confinement.

En troisième, la présentation du DNB et la préparation aux exercices dans leur format de l’examen seront différées à la fin du premier trimestre.
On privilégiera le développement des compétences de compréhension et d’écriture, les activités en langue présentées ci-dessous.

  • En langue : deux modalités de travail pourront alterner, l’activité ponctuelle du jour (5 minutes) – orthographe (accords), syntaxe (ponctuation puis phrase complexe à partir des écrits des élèves) ou morphologie verbale (verbes fréquents) - qui favorise la remémoration et recrée la vigilance, un travail plus systématique sur les principales fonctions dans la phrase simple en 5° et 4° et le principe de subordination en 4e/ 3e sans entrer dans les détails.
  • En écriture : on privilégiera la régularité et la fréquence d’écrits autonomes en réduisant drastiquement la pratique de la copie. Les écritures de travail (reformulations, définitions, bilans, présentation d’un point de vue), les écrits créatifs assez brefs en lien avec les lectures seront privilégiés. Les écritures de fin de séquence avec de multiples consignes seront repensées ou au moins réservées à une période ultérieure.
  • En lecture : la lecture à voix haute et l’interaction orale au service de la compréhension seront les modalités de travail privilégiées. La mise en réseau des textes est essentielle pour remobiliser les connaissances littéraires et culturelles, dégager les grands enjeux, comparer des textes, des images autour d’une figure, d’un motif, d’une visée. La lecture plus analytique interviendra plus tard. La trace écrite sera très réduite et autant que possible autonome.

Seconde

Les premières semaines de l’année gagneraient à s’organiser, comme dans les niveaux précédents, sous forme de séquences brèves qui permettent de remobiliser et de situer les élèves dans leurs apprentissages.

  • Séquence 1 (5 heures) : observation évaluative de là où en sont les élèves à partir de corpus composites (littérature, articles de presse, images…) : repérage des genres, compréhension de l’écrit, capacité à intervenir à l’oral. Réalisation par groupes collaboratifs en dehors de la classe d’un petit dossier sur une autre thématique croisant la situation actuelle et des questions éthiques ou morales.
  • Séquence 2 (10 heures) : Lancement d’un chantier d’écriture ponctué par des séances de langue et nourri de corpus hybrides autour d’une autre question éthique ou morale. En parallèle, écrits de travail (écrits de synthèse, résumés de recherche, d’échanges dans la classe, définitions etc.) ponctuels pour cartographier les grandes caractéristiques des genres rencontrés et leur inscription dans l’histoire.
  • Séquence 3 (15 heures) : Lancement de l’étude d’une œuvre intégrale en lien avec la littérature d’idées et qui relève du roman ou du récit. On accompagnera la lecture par des activités de mise en voix, par le carnet de lecture, en suscitant des recherches dans l’univers de l’œuvre. Lancement d’une écriture d’essai, relayée par des débats à l’oral dans la classe.

Première

Plusieurs pistes, plusieurs organisations sont possibles en fonction du projet annuel.

Quelques invariants se dégagent :

  • Engager le travail des grandes compétences oral, écrit, compréhension à travers des activités qui visent à reformuler, argumenter, interpréter, analyser, classer, relier, synthétiser…
  • Engager les élèves dans une pratique active et très régulière de l’oral et de l’écrit dans des formes souples qui constituent l’approche la plus féconde des exercices canoniques.
  • Penser une progression annuelle spiralaire des genres, des œuvres et des formes d’écriture, de lecture et d’oral qui permette des reprises, des retours et favorise la consolidation des compétences et des connaissances.
  • Favoriser dès le début de l’année toutes les formes de remémoration, d’explicitation et d’appropriation à l’oral comme à l’écrit par la collaboration dans des formes d’oral variées et avec les outils numériques, la fréquence des écrits de travail, les pratiques d’auto-positionnement.

Remobiliser ses connaissances, faire des liens, entrer par la lecture, faire le point à l’écrit
Des travaux sur les formes et les genres peuvent être proposés à partir des corpus ou des œuvres étudiées en seconde avant de travailler celles du programme de Première. On peut par exemple proposer de partir d’une exploration des carnets de lecture de seconde et plus généralement des écrits d’appropriation pour synthétiser oralement ou par écrit ce que la classe a retenu, ce qui semble utile pour progresser dans la connaissance d’une forme ou d’un genre. La restitution peut se faire par exemple sous la forme d’un écrit collaboratif. Un projet de ce type en quelques heures (4 ou 5 heures) peut également permettre de faire le point sur le genre, l’objet d’étude moins étudié ou abordé pendant la période de confinement. Si l’on souhaite étendre un peu cette phase de remobilisation des connaissances, on peut inaugurer, grâce aux outils numériques collaboratifs, la création d’un manuel numérique de la classe qui serait augmenté au fil de l’étude des objets d’étude et des œuvres au programme. Les capacités à synthétiser, à classer, à relier, à définir, à interroger les définitions initialement proposées seraient ainsi sollicitées pour construire des savoirs et des références littéraires.

Pratiquer l’oral, retrouver le goût de la langue et l’argumentation pour faire le point
Une pratique active de l’oral dans la double perspective des enjeux de l’EAF oral et ceux du Grand oral peut aussi donner du dynamisme et de la visibilité sur la construction des compétences et des apprentissages sur les deux ans de scolarité qui restent au lycée. Dans ce cas, la lecture à voix haute (enregistrée ou en direct), la justification des choix de mise en voix qu’un texte permet, la présentation synthétique d’un texte, d’une œuvre étudiée l’année précédente, la reformulation de leurs enjeux, le débat sur un personnage….constituent autant d’entrées dans une pratique souple du commentaire qui assurent à la fois les bases de la lecture linéaire, de l’entretien, celle du commentaire écrit, de la dissertation, et dans les références littéraires qu’il convient de remobiliser pour aborder le programme de Première. Dans tous les cas, on accordera une grande importance au métadiscours permettant aux élèves de bien identifier les compétences engagées, les attentes, leurs acquis et ce qu’ils doivent consolider. (Une ou deux semaines selon l’étendue du champ envisagé).
Ces moments d’échauffement littéraire pourraient aussi être pratiqués sous des formes plus réduites au début de chaque séquence consacrée à l’un des objets d’étude du programme.

Sur notre site disciplinaire https://lettres.ac-versailles.fr/
Des ressources permettant d’illustrer ces préconisations.

Comme l’an passé, nous nous efforcerons de communiquer avec vous via notre site disciplinaire : n’hésitez pas à le consulter régulièrement et à nous adresser vos contributions.

À toutes et à tous, nous souhaitons une rentrée sereine et une année propice aux satisfactions personnelles et professionnelles.

L’inspection pédagogique régionale des Lettres

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